Et si la plongée changeait le monde?

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Jean Glavany, ancien ministre de l’Agriculture, député des Hautes-Pyrénées, vient de faire reconnaître par le Code Civil que les animaux n’étaient pas des biens meubles mais des êtres sensibles. Cette nouvelle loi n’a qu’une portée symbolique – c’était déjà reconnu par le Code Rural et le Code Pénal – mais les symboles sont importants comme l’a montré la levée de boucliers des éleveurs et des chasseurs. Glavany, marin chevronné, plongeur, reconnaît lui-même qu’il a été influencé par la beauté de la faune marine.

A peine adolescent, Boyan Slat, lors de vacances en Grèce, est touché par la pollution de la mer par le plastique, ces premières plongées sont pour lui une révélation : il sera celui qui nettoiera l’océan. Ce jeune prodige néerlandais quitte l’école à 17 ans pour se consacrer pleinement à son projet. Il crée une fondation, The Ocean Cleanup, qui regroupe maintenant une centaine de volontaires, et met au point un système d’entonnoir géant constitué de bouées flottantes qui, grâce aux vents et aux courants, concentre les déchets. Les sceptiques sont nombreux, mais il devrait, d’ici septembre, grâce au crowdfunding, avoir levé deux millions de dollars pour une première plate-forme expérimentale.

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A ma connaissance G. Bush et Barack Obama ne sont pas des plongeurs.

Le second vient de créer le plus grand sanctuaire marin de la planète (dans le Pacifique, autour de l’île Howland, au nord des archipels des Kiribati, sur une surface de quelques 2 millions de kilomètres carrés).

Leonardo DiCaprio, plongeur émérite, a fait un don, par l’intermédiaire de sa fondation, de 7 millions de dollars sur deux ans, pour soutenir ce projet.

Bush, à la surprise générale, en janvier 2009, juste avant de quitter le bureau ovale, annonça la création d’une aire marine protégée autour de onze îles de l’océan Pacifique (un sanctuaire de 500.000 km2 comprenant la fosse des Mariannes).

A l’origine de ces deux projets ambitieux : le lobbying efficace d’une nébuleuse de trusts caritatifs anglo-saxons tels que PEW, les fondations Rockefeller, Oak, Marisla, Waitt, le Swire Trust etc…

Les mêmes sont à l’origine de la Global Ocean Commission qui vient de lancer un appel solennel réclamant la protection de la haute mer.

Pascal Lamy, l’ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce – je n’ai pas réussi à savoir s’il était plongeur – vient de se faire le porte-voix de l’organisation. Tout est dit dans ce rapport et son résumé : les menaces qui pèsent sur ce milieu – notamment l’absurdité d’une pêche au chalut hyper-subventionnée – la nécessité d’une réforme de la gouvernance de cet espace et de préserver les pêches artisanales côtières etc…

Ces figures politiques agissent à leur niveau. Comme nous le faisons au notre.

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La plongée nous rend meilleur. Et pas uniquement car elle nous sensibilise à la nécessaire protection d’un milieu qui nous est cher.

La plongée nous rend meilleur, car elle nous transforme.

Elle bonifie notre corps si, pour elle, nous nous maintenons en forme en pratiquant toute l’année une activité sportive mais, surtout, je suis persuadé que, pratiquée fréquemment, elle modifie notre cerveau.

Plonger c’est méditer.

L’expérience de la plongée s’avère très proche de celle de la méditation. En plongeant nous nous concentrons sur nos sensations, nos organes – les oreilles à la descente, le « poumon-balast » quand nous sommes à l’équilibre – les différentes parties de notre corps.

Matthieu Ricard a passé des heures à méditer dans un service d’imagerie médicale. Grâce à l’IRM fonctionnelle on sait que la méditation renforce le cortex préfrontal, celui qui contrôle les émotions. Cette intelligence émotionnelle favorise la créativité, renforce la motivation personnelle et facilite la résilience.

On pourrait faire des IRM fonctionnelles de moniteurs de plongée ou de plongeurs faisant plus de 50 plongées par an, quelque chose me dit qu’on trouverait un résultat comparable : l’activation de zones spécifiques du cerveau (comme l’insula et le cortex cingulaire), liées à la bienveillance et à l’empathie, tandis que d’autres, comme l’amygdale, liée notamment à la peur et à l’agressivité, seraient désactivées. Serait-ce l’origine de ce sentiment de bien-être que nous avons tous connu ?

Oh bien sûr, je n’ai pas de preuve…Ce n’est qu’une intuition !

Et si la plongée pouvait, vraiment, changer le monde ?

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3 commentaires pour Et si la plongée changeait le monde?

  1. gbouchon dit :

    Malheureusement, la plongée ne va pas changer le monde, mais elle y contribue…

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  2. Arti dit :

    La plongée bonifie le corps, écris-tu ; je veux bien le croire, mais ne rend-elle pas aussi un peu sourd ?

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    • vetomarmottes dit :

      C’est vrai, d’ailleurs je viens d’acheter un nouveau casque!
      Mais plus on plonge plus les oreilles « passent » facilement, en fin de saison (maintenant, pour moi p. ex.), plus de Valsalva pour ouvrir les trompes d’Eustache, elles s’ouvrent toutes seules, c’est magique!

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