Big data contre pêche illégale

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Chaque année, un poisson sur cinq est pêché dans l’illégalité. Dans certaines régions, ce taux monte à 40%. Le Sierra Leone, par exemple, perdrait 30 millions de dollars par an à cause de la pêche illégale. Les pirates jouissent trop fréquemment d’une immunité quasi-totale, d’abord parce qu’il est impossible de quadriller l’océan de navires susceptibles de les prendre sur le fait, ensuite parce la coopération entre les Etats est insuffisante.

Misant sur des technologies de pointe, le Pew Charitable Trusts (une organisation à but non lucratif, américaine, indépendante et non-gouvernementale, très active dans la protection des océans) et Satellite Applications Catapult (entreprise britannique) ont conçu un système, Project Eyes on the Seas, permettant de récolter et croiser un grand nombre de données afin de traquer les activités de pêche suspectes. D’autres acteurs du numérique se sont déjà attaqué à cet épineux problème – comme Google avec son projet Global Fishing Watch – mais ce dernier système repose principalement sur les données de localisation issues du transpondeur obligatoire sur tous les navires. Or, les pêcheurs mal intentionnés se contentent souvent d’éteindre celui-ci. Pour recueillir ses données, Project Eyes on the Sea mise donc également sur des images satellites, des bases de données de navires de pêche, les coordonnées des zones de pêche et des réserves marines, et enfin la profondeur et la température de l’eau. Autant de données qui permettent de repérer les zones sensibles et d’y détecter les anomalies éventuelles. Lorsqu’un bateau pénètre dans une réserve marine, pêche dans une zone interdite, cesse de signaler sa position ou transfère sa marchandise à un autre vaisseau en haute mer (méthode souvent utilisée par les pêcheurs clandestins), un algorithme le signale et donne l’alerte. Celle-ci est ensuite étudiée plus en détail par des analystes, qui se chargent d’avertir les autorités compétentes, données à l’appui. Libre ensuite à elles de prendre les choses en main.

« Project Eyes on the Sea est conçu pour transformer le système d’information et de régulation actuel, coûteux et lacunaire, en un système global permettant d’identifier et traquer les bateaux de pêche clandestin avec un coût bien moindre. » affirme ainsi Joshua Reichert, vice-président de Pew Charitable Trusts, sur le site de la fondation.

Cette initiative peut-elle changer la donne ? Certains états se sont en tout cas laissé convaincre : c’est le cas de Palau, qui participe au projet pilote Virtual Watch Room, destiné à tester le dispositif à petite échelle avant de lui donner plus d’ampleur. Le Royaume-Unis compte également créer une grande réserve marine autour des îles Pitcairn, dont la surveillance sera assurée par ce projet. Si la Virtual Watch Room s’avère concluante, le dispositif sera étendu à plus grande échelle, avec pour but ultime de pouvoir avertir n’importe quel gouvernement dans le monde de l’entrée d’un navire de pêche clandestin dans un de ses ports. Pour cela, le projet veut augmenter ses données, en ayant notamment recours à des drones et au crowdsourcing (photos prises par des particuliers).

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2 commentaires pour Big data contre pêche illégale

  1. gbouchon dit :

    Très intéressant ce projet de Virtual Watch Room!

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  2. vetomarmottes dit :

    Eh oui, la conservation a besoin de geeks!

    J'aime

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