Les vrais trésors de la mer.

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Des combinaisons de nage ultrarapides en fausse peau de requin, un béton hyperléger, résistant et compostable, imitant le squelette des éponges calcaires. La Nature est un laboratoire qui expérimente depuis 4 milliards d’années.

Jusqu’au vingt-et-unième siècle l’homme a exploité la mer. Il a puisé en elle nourriture et énergie sans se soucier de la pérennité de ces richesses. Ce modèle économique « extractiviste » a montré ses limites et ses dangers. Demain, la mer ne sera pas uniquement une source de matières premières, elle sera aussi une source d’inspiration. Voici venu le temps du bio-mimétisme.

  • Les patelles ou « chapeaux chinois » fabriquent une fibre plus résistante que le fil des toiles d’araignée. Des ingénieurs de l’Université de Portsmouth ont découvert que les dents de ces mollusques gastéropodes marins renferment des nanofibres minérales pouvant résister à une contrainte de 3 à 6,5 gigapascals, contre 1,1 pour le fil d’araignée. C’est plus que le Kevlar utilisé pour les gilets pare-balles.

  • La société WhalePower a dessiné les pales de ses éoliennes en s’inspirant de la forme des nageoires de la baleine à bosse. Ces nageoires, plus longues que celles des autres cétacés, sont dotées de petites bosses qui octroient une agilité surprenante à l’animal. Avec ces mêmes bosses, les pales des éoliennes peuvent démarrer par vent très faible, ce qui améliore le rendement électrique.

  • Biocompatible, résistant à l’humidité, biodégradable et élastique, l’adhésif mis au point par Gecko Biomedical permet de refermer les plaies cutanées ou celles d’organes internes sans points de suture. L’idée de cette colle a été empruntée à un ver marin, dit ver de château de sable, qui utilise la sienne pour cimenter son habitat de sable et de débris de coquillages.

  • Les poissons sont des athlètes : leur organisme peut délivrer de l’oxygène à leurs muscles cinquante fois plus rapidement que chez l’homme, d’où les performances de vitesse du thon ou les qualités de marathonien du saumon.

  • Les Américains ont mis au point des sous-marins autonomes (programme Silent Nemo). Le GhostSwimmer peut plonger jusqu’à cent mètres, pèse 50 kilos et ressemble à un squale mais les mouvements qui assurent sa propulsion sont copiés sur ceux des thons.

  • Les Suisses de l’Ecole Polytechnique de Zurich ont quant à eux mis au point un robot sous-marin le Sepios inspiré de la seiche. Le Sepios qui descend à 70 mètres nage dans toutes les directions grâce à 4 ailettes réparties symétriquement.

  • Les chercheurs du MIT et de l’université de Southampton ont créé un robot pieuvre dont la propulsion est inspirée de celle des pieuvres. Avec des ailettes à l’arrière, un squelette en polycarbonate ce bolide de 30 cms peut parcourir 10 fois sa longueur en une seconde.

  • Les créateurs du MIT ont également créé un Robotfish, un poisson mécanique au corps mou, à la peau en silicone, sa mobilité étant assurée par les battements de sa queue actionnés par deux réservoirs latéraux gonflés par du dioxyde de carbone. Inspiré par le biomimétisme ce robot pourrait se mêler aux vrais poissons pour les étudier.

  • Des chercheurs de l’université de Tallinn (Estonie) ont mis au point un robot imitant le déplacement des tortues. Doté de nageoires indépendantes il pourrait être utilisé en archéologie sous-marine.

  • Le sang bleu des limules (arthropodes marins)est capable de détecter d’infimes contaminations bactériennes ; il est vendu 11 000€ le litre. Aux Etats-Unis des entreprises récoltent 250 000 limules par an ; 30% de leur sang est prélevé, elles sont ensuite relâchées dans la nature.

  • Le ver arénicole possède un « sang » oxygénant compatible avec tous les groupes sanguins. La jeune société bretonne Hemarina a découvert que l’hémoglobine de ce ver est capable d’acheminer 50 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine et est extracellulaire (hors des globules rouges). Cela pourrait révolutionner les transfusions et la conservation des greffons.

  • La culture d’algues Arthrospira est la base des compléments alimentaires à base de spiruline dont le chiffre d’affaire pèserait 4 milliards d’euros dans le monde, mais c’est surtout la culture de micro-algues pour fabriquer des biocarburants qui est le nouvel Eldorado des start-up en biotechnologie en Australie, aux Etats-Unis ou en Europe.

  • A Paris la société Glowee veut éclairer la ville grâce à des bactéries de calamars aux propriétés bioluminescentes.

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Un commentaire pour Les vrais trésors de la mer.

  1. Guy Bouchon dit :

    c’est bien le robot des Vikings de Tallin qui imite le déplacement des tortues!

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