La Chine et la mer

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La Chine puissance maritime mondiale ?

En décembre 2015, lors du sommet Chine-Afrique de Johannesburg, s’est décidée l’installation, à Djibouti, de la première base navale chinoise à l’étranger. L’intention de Pékin est d’assurer la sécurité de ses lignes d’approvisionnement et sa présence effective sur tous les océans. Surtout l’océan Indien, que la Chine a encerclé de points d’appui appelés « colliers de perles » par les marins.

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La Marine chinoise en chiffres

260 000 soldats

1 Porte-avions, 17 Destroyers, 54 Frégates, 70 Sous-marins, 223 Corvettes, patrouilleurs, 53 Chasseurs de mines, 241 Bâtiments amphibie, 332 avions, 103 Hélicoptères

 

Velléités impérialistes en Mer de Chine Méridionale

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Cette carte présente la fameuse « ligne en neuf traits », qui délimite la zone sous souveraineté chinoise selon Pékin. Elle donne l’impression que l’Empire du Milieu considère la mer de Chine méridionale comme zone maritime intérieure. Très discutables du point de vue de la juridiction internationale, ces fameuses lignes de démarcation demeurent un mystère aux yeux de nombreux observateurs, car, pour justifier leur existence, la Chine en appelle à des sources historiques qu’elle est la seule à connaître.

Les côtes de la mer de Chine méridionale ont été l’objet de conflits millénaires. Désormais, il s’agit de la mer elle-même. Les revendications de la Chine se heurtent à celles des pays riverains : les Philippines, le Vietnam, Brunei, Taïwan, la Malaisie et l’Indonésie. C’est en outre dans cette région que deux grandes puissances, la Chine et les États-Unis, se confrontent directement. Les enjeux du conflit sont extrêmement complexes. Il s’agit de la suprématie de la Chine, ainsi que de ses revendications territoriales dans la région, face aux États-Unis et à ses alliés. Le poisson y représente un autre enjeu, tout comme le pétrole et le gaz. Selon les estimations de l’Institut américain USGS, publiées en 2012, la mer de Chine méridionale renfermerait l’équivalent de 12 milliards de barils de pétrole.

La Mer de Chine Méridionale est ainsi, sans doute, actuellement, le point le plus « chaud » de la planète. L’endroit de la planète où risque le plus d’éclater un conflit mondial. Les incidents entre les Etats-Unis et la Chine dans cette région du monde se multiplient. Le dernier le 7 juin quand un avion de reconnaissance américain a été intercepté « de façon dangereuse » par un appareil chinois au-dessus de la mer de Chine orientale. Pour paraphraser Guy Sorman « qui contrôle les îles Paracels contrôle le monde » car il y transite un tiers du commerce mondial. Pour l’instant, le gendarme c’est la VIIe Flotte américaine, sans elle la mer de Chine serait un champs de bataille. Xi Jinping, le numéro un chinois, souhaite transformer cette mer en « lac chinois » dont sa marine deviendrait le seul gardien. Pour l’instant il applique la méthode du grignotage par les extrémités : la marine chinois s’empare des îlots des Paracels un par un, en étend la surface, y édifie pistes d’atterrissage et bases de missiles.

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En droit de la mer, une terre émergée n’est considérée comme une île qu’à partir du moment où elle est adaptée à la vie humaine, sans approvisionnement extérieur. Cette définition peut faire l’objet d’interprétations diverses. Si la Chine parvenait à transformer les nombreuses petits traits qui émaillent la carte en véritables îles, elle créerait du même coup leurs propres eaux territoriales, leurs zones commerciales exclusives – et étendrait même, sous certaines conditions, son plateau continental. En s’octroyant toutes les ressources qui vont avec. La mer de Chine se ferme au sud. Au nord, Pékin tente de séduire Séoul en lui offrant la réunification des deux Corées en échange de leur neutralisation. Les autres riverains, à l’instigation des Américains, adoptent une stratégie de « containment », un arc de cercle antimissile et un système d’alliances qui va du Japon à l’Inde.

Chine et surpêche

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Les statistiques de pêche de la FAO sont basées sur les déclarations de chaque pays. Watson et Pauly, deux chercheurs en ressources halieutiques, étaient très étonnés des déclarations de la Chine, qui révélaient, entre 1980 et 1998, une croissance quasi exponentielle alors que les autres pêcheries mondiales commençaient à stagner. Les pêcheries chinoises progressaient de 3 à 15 millions de tonnes alors que généralement les pays ont plutôt tendance à sous-évaluer les débarquements de poissons auprès de la FAO. En 2001, les deux chercheurs jettent un pavé dans la mare en publiant dans Nature un article où ils démontrent que la Chine fournit des déclarations de captures irréalistes et sans fondement. Les valeurs recalculées, en tenant compte des caractéristiques environnementales et océanographiques, montrent que la Chine ne pêche plus que 5,5 millions de tonnes au lieu des 10,1 millions annoncées. Dans l’économie socialiste chinoise le mot d’ordre était d’accroître la production halieutique au même titre que que les productions agricoles. Entre 1987 et 1999 la décroissance des prises mondiales apparût alors au grand jour.

Menace sur les requins de la planète

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L’Empire du Milieu est en partie responsable de l’effondrement des populations de tigres (pour sa pharmacopée), de celles d’éléphants (pour les objets en ivoire), ainsi que de celles de rhinocéros (pour la pharmacopée). Qu’en est-il des requins?

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EXTRAIT DU RAPPORT FAO 2015

traduit par Bloom

Le commerce mondial des requins et des raies avoisine le milliard de dollars par an (900 millions d’euros). Nos connaissances sur ce marché sont pourtant extrêmement limitées. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié l’an dernier un rapport sur les deux produits de chondrichtyens (poissons cartilagineux : requins, raies et chimères) les plus commercialisés dans le monde : la viande et les ailerons de requin.

Les ailerons de requins sont des produits de luxe vendus principalement sur le marché asiatique. Ils servent notamment à la confection de soupes d’ailerons, consommées traditionnellement dans les mariages chinois et hongkongais. À cause de ce marché extrêmement lucratif, les pêcheurs de requins ont pris l’habitude de pratiquer l’aileronnage ou finning en anglais. Cette pratique consiste à découper les ailerons des requins ou des raies capturés avant de les rejeter par dessus bord (sans aucune chance de survie, donc). Cela permet aux producteurs de gagner de la place sur leur bateau et de ramener ainsi de plus grands volumes d’ailerons, maximisant ainsi leur chiffre d’affaire.

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Dans de nombreux pays, cette pratique est de plus en plus régulée et contrôlée. Ainsi, le commerce d’ailerons a légèrement diminué depuis l’année 2000. L’aileronnage a été interdit en Europe en 2013, obligeant les pêcheurs à débarquer et donc à valoriser l’ensemble du requin ou de la raie pêché. Cet encadrement croissant de l’aileronnage a conduit à une expansion du commerce de viande de requin, à tel point que l’on peut aujourd’hui parler d’un véritable marché mondial du requin : toutes les flottes industrielles et artisanales approvisionnent le marché asiatique en ailerons, tandis que la viande est envoyée vers des canaux d’approvisionnement du monde entier pour répondre à une demande en pleine croissance et poussée par des pays comme le Brésil. Cette expansion du commerce de la viande de chondrichtyen a amené les pêcheurs à considérer les requins comme de véritables cibles commerciales, alors qu’ils étaient principalement pêchées de manière « accidentelle » jusqu’à maintenant. Les données FAO de 2011 montrent que le commerce de la viande de requins a augmenté de 42% en volume depuis les années 2000. À cause de cet accroissement de la pression de pêche sur ces espèces sensibles (durée de vie importante, reproduction tardive, petites portées, …), il est donc essentiel de continuer les efforts pour maintenir et développer des systèmes de contrôle et de régulation de leur commerce, et ce malgré le succès des campagnes anti-aileronnage.

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Les principaux consommateurs d’ailerons sont la Chine, Hong Kong, Taïwan, Singapour, la Malaisie et le Vietnam tandis que les plus gros consommateurs de viande de requin se trouvent en Europe (Italie, Espagne) et en Amérique Latine (Brésil, Uruguay). La Corée du Sud est quant elle la plus grande importatrice de viande de raie. Ce sont chaque année près de 17 000 tonnes d’ailerons qui sont importées dans le monde, pour une valeur de 380 millions de dollars (345 millions d’euros). En ce qui concerne la viande, près de 110 000 tonnes sont importées en moyenne chaque année, pour une valeur de 240 millions de dollars (218 millions d’euros). Les principaux « producteurs » d’ailerons (ceux qui capturent les requins pour en exporter les ailerons) sont l’Espagne, l’Indonésie, Taïwan ainsi que le Japon. D’autres pays sont engagés dans ce commerce mais sous des formes différentes : les Émirats Arabes Unis sont des traders d’ailerons, c’est-à-dire qu’ils les achètent puis les revendent mais ne pêchent pas, tandis que la Chine les transforme avant de les revendre. Bien que son rôle soit difficile à établir avec précision et à l’instar de Hong Kong en Asie, il semblerait que le Costa Rica soit aujourd’hui devenu une plaque tournante régionale du commerce d’ailerons de requin. Manque de clarté et évolution des codes douaniers (différenciation entre aileron sec vs. aileron frais, modification des systèmes de classification, …), imprécisions des données (chair de requin simplement enregistrée comme « poisson », volumes comptabilisés plusieurs fois), absence d’évaluation de certaines pêcheries artisanales et pêche illégale : les difficultés qui s’opposent à l’estimation rigoureuse du commerce international des ailerons et de la viande de requin sont nombreuses. La consommation domestique est également très difficile à estimer et s’est révélée particulièrement problématique pour des pays comme la Nouvelle-Zélande, le Panama, le Japon et la Chine. Les évaluations suivantes sont donc à considérer avec précaution.

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En 2011, les douze pays qui pêchent le plus de chondrichtyens sont : 1/ L’Indonésie (103 000 tonnes) 2/ L’Inde (74 000 tonnes) 3/ L’Espagne (89 000 tonnes) 4/ Taïwan (43 000 tonnes) 5/ L’Argentine (36 000 tonnes) 6/ Le Mexique (34 000 tonnes) 7/ Les États-Unis (32 000 tonnes) 8/ Le Pakistan (27 000 tonnes) 9/ La Malaisie (23 000 tonnes) 10/ Le Japon (22 000 tonnes) 11/ Le Brésil (21 000 tonnes) 12/ La France (21 000 tonnes)

Sans doute influencés par les mesures qui interdisent l’import d’espèces sujettes à de fort taux de concentration de mercure, la France, l’Italie et les États-Unis ont tendance à préférer les petites espèces de requin telles que la roussette. En Amérique Latine, en Amérique centrale ainsi qu’en Asie, les consommateurs privilégient les plus grosses espèces. D’après la FAO, le marché traditionnel devrait rester relativement stable et être plutôt marqué par l’émergence de nouveaux marchés tels que le Brésil, devenu en 2011 le premier importateur de viande de requin au niveau mondial. Historiquement, Hong Kong a toujours été reconnue comme étant la plus importante plate-forme de commerce d’ailerons de requin au niveau mondial. L’île a ainsi servi d’indicateur de ce secteur pendant de nombreuses années. Cependant, les choses changent et le commerce d’ailerons à Hong Kong s’est récemment écroulé. Plusieurs facteurs sont en cause : – l’augmentation des captures de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution d’imports via Hong Kong) – la mise en place de nouvelles régulations concernant les dépenses des officiels chinois (le Parti Communiste a par exemple renoncé à servir de la soupe d’ailerons lors de ses banquets)  – l’augmentation de la surveillance et de la régulation de l’aileronnage  – les changements de dynamique de marché suite à l’entrée de la Chine au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001 (nouveaux accords, mesures d’interdictions et de contrôle, etc.) – la crainte élevée des consommateurs de tomber sur de faux produits d’ailerons de requin (et donc diminution de leur consommation) – la prise de conscience environnementale croissante des consommateurs. Plus étonnant encore : la Thaïlande a aujourd’hui surpassé Hong Kong en termes d’exports d’ailerons de requin. Ses principaux partenaires commerciaux sont le Japon et la Malaisie, probablement tous deux dans le Top 4 des exportateurs mondiaux. Hong Kong reste néanmoins la plus large plate-forme de commerce d’ailerons dans son ensemble ainsi que l’un des plus importants foyers de consommation (la Chine étant le principal). Les requins côtiers les plus petits sont particulièrement visés pour leur chair qui contient généralement moins de contaminants, tandis que les requins pélagiques (qui vivent au large) tels que le requin bleu ou « peau bleue » sont d’avantage capturés pour leurs ailerons ou transformés en boulettes de poisson et en bâtons de surimi de basse qualité. D’autres requins pélagiques comme les requins à pointes blanches océaniques (ou requins longimane) et les requins-marteaux sont également très appréciés pour leurs ailerons. Enfin, les requins-hâ et mako sont principalement ciblés pour leur viande. Les raies sont quand à elles principalement consommées en Corée, placée au second rang mondial en termes d’imports de viande de chondrichtyens toutes espèces confondues (imports composés à 85% d’espèces de raies).

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Qu’en est-il de l’Europe ?

France : La France est une grande consommatrice de viande de requin, qui provient à la fois de la production domestique et des importations ; elle se classe au 12e rang mondial en termes de captures avec 21 000 tonnes/an, dont 40% de raie et plus de la moitié (51%) de requins de la famille des squalidae (aiguillat commun – ou chien de mer -, roussette, émissole, …) ; elle se classe au 8e  rang mondial en termes d’importations (près de 4 000 tonnes/an ; 4% du volume mondial). Ses partenaires privilégiés sont les États-Unis (29% en volume), l’Espagne (16%), le Canada (15%) et, plus récemment, les Pays-Bas et le Vietnam ; la France exporte également des volumes relativement faibles de viande fraiche de requin, principalement vers l’Italie (73% de ses exports). L’Espagne est l’un des plus gros pêcheurs et exportateurs d’ailerons de requin au niveau mondial (quantité moyenne annuelle d’environ 3 500 tonnes pour une valeur de près de 58 millions de dollars US) et le 3e plus gros pêcheurs de requin après l’Indonésie et l’Inde. D’autres produits largement commercialisés au niveau mondial (mais moins que la viande et les ailerons de requin) n’ont pu être l’objet d’analyses approfondies au sein de cette étude de la FAO : c’est le cas du cartilage et de l’huile de foie de requin, mais aussi des branchies de raies manta et mobula.

En résumé : Le commerce de viande de requin montre une augmentation constante d’environ 4,5% par an depuis 2000. Difficile cependant de savoir dans quelle mesure l’amélioration de la précision des codes douaniers en est responsable ;

Le commerce d’ailerons de requin apparaît limité par le nombre de captures tandis que celui de la viande va probablement continuer de s’étendre du fait de l’utilisation croissante des carcasses ;

Le commerce d’ailerons via Hong Kong est en forte diminution. Plusieurs facteurs sont en cause, tels que l’augmentation de la capture domestiques de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution des imports) et la prise de conscience environnementale croissante de la population ;

De nouvelles données suggèrent que les marchés de Thaïlande, de Malaisie et du Japon, bien que focalisés sur les ailerons de petite taille et bons marchés sont maintenant parmi les plus importants au monde ;

Depuis 2012 plusieurs pays ont commencé à séparer les données commerciales entre les raies et les requins ;

Les nouveaux marchés de viande de requin tels que le Brésil, qui a multiplié ses imports par huit depuis l’an 2000, sont des moteurs importants de la croissance actuelle de ce marché ;

Des données complémentaires (tableaux et graphiques) sur le site de Bloom.

Référence complète du rapport FAO : Dent, F. & Clarke, S. 2015. State of the global market for shark products. FAO Fisheries and Aquaculture Technical Paper No. 590. Rome, FAO. 187 pp.

 

Cas particulier du requin-baleine

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Un rapport montre que la Chine s’obstine à chasser les derniers requins-baleines. Rhincodon typus, le plus grand poisson au monde est classé « vulnérable » sur la liste rouge de l’UICN et inscrit à l’annexe II de la CITES (permis d’exportation obligatoire).

Une enquête longue (4 ans) et minutieuse révèle que l’usine China Wenzhou Yueqing Marine Organisms Health Protection Foods Co Ltd, située à Puqi près de Wenzhou, traite plus de 600 requins-baleines par an. C’est l’un des plus grands massacres d’une espèce protégée au monde. Les ailerons géants sont séchés à Puqi et envoyés à Guangzhou, où ils sont vendus aux propriétaires de restaurants. Les peaux sont vendus comme cuir, les lèvres, l’estomac et la chair sont commercialisés comme « nourriture ». L’huile de foie est envoyée à une autre usine (Hainan Jiahua Marine Products Bio-Pharmaceutical Co Ltd) où elle est mélangée avec d’autres types d’huile pour être exportée sous de fausses appellations.

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Un requin-baleine peut rapporter jusqu’à 24000€ au bateau de pêche qui le ramène à quai. Les pêcheurs chinois écument les mers côtières chinoises mais vont jusqu’aux Philippines, en Indonésie et parfois même jusqu’au Mexique. Ce sont pourtant des pays où le tourisme de vision de ces sélaciens pourrait rapporter beaucoup plus : des dizaines de milliers de plongeurs ou de snorkeleurs sont prêts à payer plusieurs milliers d’euros pour nager avec des requins-baleines à Djibouti, aux Seychelles, aux Maldives, en Australie…ou au Mexique…

L’huile de foie est extraite pour l’industrie cosmétique, les acides gras oméga3 constituent des compléments alimentaires. Ces produits sont exportés vers les Etats-Unis, le Canada, la France et l’Italie en violation flagrante de la CITES.

Que fait, chez nous, la Répression des Fraudes ? L’analyse d’huiles suspectes à l’importation pourrait démontrer cette origine frauduleuse.

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Tout est ici:

http://wildliferisk.org/press-release/ChinaWhaleSharks-WLR-Report-ENG.pdf

 

Pollution en mer (et dans les fleuves)

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Les marées noires « chinoises » ont moins d’écho médiatique qu’en Occident et pour cause…

16 juillet 2010 (oui, l’été où une plate-forme a explosée dans le golfe du Mexique), explosion de deux oléoducs dans la zone de Dalian, dans l’est de la Chine. Rapidement les médias chinois ne sont plus autorisés à enquêter sur place, la zone est bouclée.

« Au mois de juillet encore, la pollution d’un fleuve par les déchets d’une mine de cuivre a tué plus de deux mille tonnes de poisson et quelques semaine plus tard sept mille barils de produits chimique étaient emportés par la crue du fleuve Songhua » (« Chine, le cauchemar écologique » de S. Le Belzic, 2012). Septembre 2013, cent tonnes de poissons morts sont retrouvés sur la rivière Fu (province du Huei), le coupable est une usine de produits chimiques qui a rejeté de l’ammoniaque directement dans la rivière. Le problème de la pollution des rivières en Chine est un problème immense, à l’échelle du pays : on compte vingt mille usines pétrochimiques à proximité de rivières et dix mille le long du seul fleuve Yangtsé et quatre mille près du fleuve jaune. Les inspections sont rares, la corruption endémique. Les médias officiels évaluent à plus de trente milliards de tonnes le volume de déchets, industriels et domestiques, déversés en 2006 dans le seul Chang-jiang. Il y aurait 1700 accidents chimiques conduisant à une pollution de l’eau chaque année et la Banque Mondiale estime à sept cent cinquante mille morts les décès dû à la pollution chaque année en Chine. On comprend la ruée vers Vancouver des nouveaux millionnaires chinois…

Disparition du dauphin du Yang Tsé

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Le dauphin du fleuve Yang Tsé ou baiji (Lipotes vexillifer) est, était, un animal d’eau douce, mais il est difficile de parler de la mer sans évoquer les fleuves tant les deux sont liés. L’animal a été officiellement déclaré disparu en 2006. Les causes de son extinction sont : la surpopulation sur les berges du fleuve, la surpêche qui a entraîné une diminution des stocks de poissons dont le baiji se nourrit et des captures de dauphins comme prises accessoires, la pollution chimique et sonore (« aveuglé » par le bruit des bateaux le dauphin remonte à la surface où il est souvent blessé par les hélices de navire), les barrages…En 1974, six baijis furent tués par les explosions lors de l’entretien d’un canal de navigation. Pour donner une idée du trafic sur le fleuve, en 2006, sur 1669 kms, entre Yichang et Shangaï, l’expédition qui a recherché les derniers baijis a recensé 19830 gros navires (plus d’un tous les cent mètres).

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Un commentaire pour La Chine et la mer

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