Les poissons OGM arrivent…

 

…sauf chez nous.
Saisie par la Confédération Paysanne sur la question du statut des organismes issus des nouvelles techniques de modification du vivant, la Cour de Justice de l’Union européenne a rendu son verdict en juillet 2018. Les organismes modifiés par mutagénèse, quels que soient les gènes modifiés, doivent être considérés comme des OGM et donc soumis à la directive 2001/18/CE. Donc, introduire des animaux génétiquement modifiés dans les élevages impliquerait d’en passer par les lourdes procédures prévues par la réglementation.
Ailleurs dans le monde c’est beaucoup plus souple…
Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration prône une évaluation des OGM au cas par cas. En novembre 2015, l’agence a autorisé la commercialisation d’un saumon génétiquement modifié par transfert d’une hormone de croissance. Une chèvre produisant un médicament anticoagulant et un poulet fabriquant un médicament humain ont également été autorisés. Le Canada, comme son voisin, se base sur une évaluation au cas par cas. Le saumon transgénique y a été approuvé comme aliment en mai 2016. Argentine, Brésil, Chili, Paraguay, Uruguay ont déclaré en septembre 2018 qu’il fallait éviter de créer des distinctions “arbitraires et injustifiées” entre les produits OGM et les autres. En Argentine, plusieurs projets visent à créer des vaches productrices de lait anallergique, maternisé et riche en nutriments. Le Japon a proposé fin août que seule l’insertion de nucléotides étrangers à l’espèce soit soumise à réglementation.

 

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Les Aires Marines Protégées (AMP)

 

Les Aires Marines Protégées, comment s’y retrouver ?

Cantonnements, réserves, parcs, zones Natura 2000…on s’y perd !

Un peu de pédagogie, de sémiologie…

…et de géographie! Ci-dessous une carte interactive des AMP dans les eaux françaises :

http://www.aires-marines.fr/Les-aires-marines-protegees/Carte-interactive

 

Parc National (ex Port Cros) : réserve sous-marine pérenne surveillée avec un zonage de différentes réglementations.

Pas de grande zone strictement protégée : la pêche professionnelle n’est formellement interdite sous toutes ses formes que dans un petit quadrilatère près de l’îlot du Rascas et dans le périmètre du sentier sous-marin. Circulation, mouillage, plongée et pêche sont réglementés dans les eaux du Parc.

http://www.portcros-parcnational.fr/fr/le-parc-national-de-port-cros/un-territoire-reconnu

Réserve Naturelle (exemple Scandola en Corse) :
Réserve sous-marine pérenne surveillée avec un zonage de différentes réglementations.

Pêche à la ligne, chasse et plongée sous-marine interdites, apnée autorisée, mouillage interdit la nuit dans la Réserve. Dans la réserve intégrale (à la différence de la zone périphérique) la pêche professionnelle est interdite.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Réserve_naturelle_de_Scandola

 

Les cantonnements de pêche (exemple du Cap Roux, Var) sont créés à la demande de prud’homies de pêche (syndicat de pêcheurs). La protection est variable (pêche strictement interdite ou pas), le statut éphémère et il n’y a pas de surveillance spécifique.
L’inconvénient de ce statut est l’absence de garantie de pérennité. En 1964, en Corse, 12 cantonnements de pêche avaient été créés puis abrogés cinq années plus tard, réduisant en quelques semaines à néant tous les efforts de cinq années de protection. Malgré cela ils représentent en Corse la plus grande surface de réserve intégrale de toutes les côtes françaises de Méditerranée. Ils doivent néanmoins être mieux surveillés. La Pointe de la Revellata (Calvi) n’est-elle pas régulièrement braconnée ?

Un exemple espagnol :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/05/face-aux-reglementations-de-plus-en-plus-drastiques-les-pecheurs-catalans-ont-agi-collectivement_5392711_3232.html?xtmc=&xtcr=1

Zones Natura 2000 : le principe de Natura 2000 est européen. Zones représentant un intérêt communautaire pour la flore, la faune ou pour des écosystèmes. Elles sont sélectionnées dans un objectif précis. Un tracé est proposé, sa gestion est programmée dans un document d’objectifs. Les activités humaines traditionnelles en place peuvent persister, par contre toute activité nouvelle doit être évaluée.
Les tracés de la plus part des zones Natura 2000 en Méditerranée ont été décidés on ne sait où, ni par qui, à la va vite, pour répondre à temps au calendrier des exigences européennes. Les tracés évitent ainsi les petits fonds qui sont les plus riches et les plus menacés par les activités humaines.

https://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/listeSites

Linéaire des côtes protégées par le Conservatoire du Littoral.
Cet établissement public crée en 1975 acquiert des terrains à l’amiable, par préemption ou exceptionnellement par expropriation. Après réhabilitation leur gestion est confier à des collectivités locales ou à des associations. Très utile, car en Méditerranée 11% du littoral est artificialisé. Fin 2018, 201 865 hectares de linéaire côtier était protégé.

http://www.conservatoire-du-littoral.fr/

Pelagos, un sanctuaire pour les mammifères marins.
Ses 87500 km2 constituent la première aire marine internationale (France, Italie, Monaco) protégée de haute mer. Le programme prévoit de traiter les aspects du trafic maritime, des courses d’engins à moteurs rapides, de l’observation des cétacés, de la pêche et de la recherche scientifique.

https://www.sanctuaire-pelagos.org/fr/

Plus d’infos sur les AMP françaises ici :

http://www.aires-marines.fr/

 

Source : Méditerranée Mer Vivante – 16ème édition. Université Nice Sophia Antipolis/Lions Club

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Açores

 

Les raies-aigles-chouettes (Myliobatis aquila) planent devant l’entrée de la grotte.
Une queue en fouet, une face ventrale blanche, un dos sombre, des ailes en losange.

Que font-elles dans les hauteurs de cette grotte creusée à flanc de falaise et de tombant ?
Que font-elles là, alors qu’elles se nourrissent dans le sable ?
Elles y détectent les vibrations des crustacés et des mollusques, puis les chassent des sédiments d’un mouvement de nageoires, avant de broyer, carapaces et coquilles, entre leurs plaques dentaires.

La bouche, les fentes branchiales, dessinent un portrait fantomatique.
D’un vol gracieux elles s’enfoncent vers l’intérieur de la grotte, y disparaissent.
Suivant un parcours, à la fois mystérieux et prévisible, elles reviennent enfin vers la lumière : c’est « la ronde des raies ».
On peut les attendre sur leur chemin de retour, mais sans couper leur route car, alors irritées, elles s’esquivent brutalement.

Dos à la grotte, face au large, on les voit planer dans les rayons du soleil, ou bien, silhouettes sombres, se détachent-elles sur le fond lumineux constitué par la surface opalescente de l’eau.
La raison du ballet sous-marin des raies-fantômes est inconnue.

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A LIRE…ABSOLUMENT :

https://www.davidzindell.com/the-idiot-gods/

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UN CONTE AZTEQUE

Le rêve brisé de Nezahualcoyotl

 

 

 

Nezahualcoyotl se tenait avec son fils Cuauhtemoc au côté de la pierre sacrificielle, à deux pas du sanctuaire dédié à Huizilopochtli, le dieu oiseau-mouche. Au sud, le temple de Tlaloc, le dieu de la pluie et de l’eau, sortait tout juste de l’ombre.
« Viens voir mon fils ». Il conduisit le jeune homme vers la pierre votive circulaire de Coyolxanhqui :
« Tu sais ce qui lui ait arrivé n’est-ce-pas ?
– oui, elle a été décapitée par son frère Huitzilopochtli…
– …et il a eu raison ! Quetzalcoatl, le dieu serpent à plumes lui-même, n’a pu s’y opposer. Tu subiras le même sort si tu ne rapportes pas une conque sacrée qui cèlera notre alliance avec Texcoco et Tlacopan contre ces chiens de Tlaxcala et ces moins que chiens de Huejotzingo. Grâce à cette Triple Alliance l’Empire regorge déjà de jade, de turquoise, de coton et de tabac…mais il nous manque toujours la conque…


– J’ai fait ce que tu m’as demandé : j’ai été la chercher sur la côte Pacifique, là où la terre succède à la mer1, mais les poissons y sont si nombreux qu’on ne distingue pas le fond. On entend du bateau, quand la mer est calme, comme un immense frétillement et les mouvements coordonnés du banc forment une vague ! La mer est solide, on pourrait marcher dessus ! Les indiens du coin nomment ces poissons « Pampanos ».
– Embauche mille de ces pouilleux et vide la mer de cette engeance, on mettra, comme engrais, un poisson au pied de chaque plan de maïs de l’Empire.

Cuauhtemoc était transporté en pensées sur ces eaux : il se souvenait que le friselis de la surface, provoqué par la multitude, composait comme un chant et que cette musique de la mer vivante était douce à ses oreilles.

– Ce n’est pas tout père…
– Quoi encore ?
– Les poissons plats géants, ils sont légion. On les repère de loin à leurs sauts hors de l’eau. Ensuite on les devine du bateau car la mer s’assombrit, le banc forme une immense tache sombre dans laquelle on saute…
– les pouilleux…
– …mobulas, ils les appellent mobulas : elles ont une forme de losange avec des ailes pointues et des cornes blanches. Parfois l’une redresse son aile et le dessous blanc de l’animal apparaît. Leurs motivations profondes nous échappent, nous ignorons leurs projets mais elles arpentent en bancs infinis cette mer intérieure.

Il y eut un long silence que son père respecta puis Cuauhtemoc reprit :

– Si, par miracle, on arrive à plonger au delà des poissons, alors on ne voit plus le soleil qui est occulté par ces masses grouillantes. C’est l’Infra-Monde père et j’y ai vécu mille morts !
– Peu importe ! Si tu meurs noyé tu rejoindras les jardins paradisiaques de Tlaloc. Si tu refuses d’y retourner, mon chihuahua préféré dévorera ton foie avant que tu n’atteignes le 9ème inframonde !
– J’ai bien cru ne jamais revoir Tenochtitlan…Je préférerais la côte Est…
– Pas tout de suite ! Tu n’iras pas te saouler au mezcal à Cancun !
– Cancun ?
– Euh non, Zempoala…j’ai eu une vision, terrifiante d’ailleurs, de l’avenir…
Tu retournes chez les pouilleux, si tu n’y retrouves pas la conque géante alors tu pourras explorer le pays Maya
– Père..
– Quoi encore ?
– Il y a autre chose : si on réussit à passer la couche épaisse des poissons et qu’on veut se poser un instant sur le sable et bien on ne peut pas..
– pourquoi ?
– Ça grouille de requins-taureaux là-dessous !

AILLEURS  : Centro Archeologico de Templo Mayor (Mexico) :

– Sur ce tableau d’offrandes : celles provenant de la mer sont prédominantes : coraux, coquillages, conque, rostre de poisson-scie etc…
– Mais comment pouvez-vous être certain que les Aztèques plongeaient pour récupérer leurs conques et qu’ils ne les ramassaient pas sur la plage ?
– Il y a plusieurs couches de périostracum, les protéines à la surface du coquillage, les conques ont été ramassées vivantes par des plongeurs parce que ces couches disparaissent quand l’animal meurt en mer puis est drossé sur la plage…

 

  • Donne moi ta main fils !
    Cuauhtemoc hésita un instant mais, hypnotisé par le regard magnétique de son père, il finit par soulever son bras. Nezahualcoyotl le tira au-dessus de la pierre sacrificielle puis fit apparaître une longue arrête de poisson. Il palpa quelques secondes, de la pulpe de ses doigts, le poignet de son fils puis, d’un coup sec, emmancha l’arrête dans une veine. Le sang se mit à couler en un mince filet sur la pierre où il s’engouffra dans une goulotte avant d’atterrir dans la gueule d’un Tlaloc grimaçant qui émis un gargouillis agonique :
    – Tu as dit vrai, Tlaloc a parlé…

Cuauhtemoc allait perdre connaissance mais il entendit, venant de très loin :

  • il n’y a pas de conque sur la côte Pacifique, pars en pays Maya…cette mer intérieure n’est que pestilence gluante et écailleuse, les conques viennent du Levant, j’ai entendu le murmure de Tlaloc…

 

 

« On m’a rapporté que tu n’avais pas trouvé la conque… »
Aucune irritation dans la voix de son père, mais Cuauhtemoc reconnut dans son regard l’éclat d’une vieille colère qui couvait encore sous la cendre d’une immense lassitude.
– Raconte-moi tout de même le pays Maya…
– Cette terre est comme une éponge, percée de mille trous…Chiexulub, la météorite des premiers temps a fragilisé son sol qui s’effondre au-dessus de grottes révélant un réseau de rivières souterraines : ce sont les cénotés.

Xlapak, le fils d’un pochteca maya, m’a montré l’un de ces trous d’eau au cœur de la jungle. A cinquante pas du grand trou d’eau à ciel ouvert il y avait un autre trou de la taille, cette fois, d’une courge, dans lequel mon compagnon a glissé une calebasse au bout d’une corde. Il l’a remontée : l’eau était aussi douce à mon palais que celle de nos montagnes. Il a alors mis une lourde pierre dans le récipient et a recommencé : l’eau cette fois était salée. La mer remonte dans les terres et les deux couches d’eau se superposent, l’eau salée en dessous. J’ai immédiatement songé à la conque.
Xlapak me fit ensuite m’allonger à même le sol, la tête au-dessus du trou, puis il y jeta une pierre : j’entendis un splash lointain, étouffé.
Cinquante pas encore plus loin, un nouveau trou. L’expérience de la pierre dans ce second orifice me renvoya un son fort, vibrant, amplifié. Xlapak lâcha d’une voix neutre : « Ici, il y a de l’air au-dessus de l’eau, on doit pouvoir y respirer ».
Sa voix était hésitante. J’ai compris qu’il aurait bien aimé le vérifier par lui-même mais qu’il n’en avait pas le courage. Son regard humble et malicieux me lançait un défi. Grâce à mes séances d’apnée parmi les Péricus je devais pouvoir nager sous l’eau sur une telle distance.
Ces sources d’eau douce, bienfaitrices en ce milieu aride, sont sacrées pour les Mayas, ils y pratiquent même des sacrifices rituels, elles marquent l’entrée de Xibalba, l’au-delà.

J’avais des lunettes de nage offertes par les Péricus. Fabriquées avec du bois, des fibres de sisal et une couche transparente de nacre, elles me permettent de voir sous l’eau.
Xlapak m’a offert un verre de pulque – de la sève d’agave fermentée – pour me donner courage. Il m’a ensuite tendu une étonnante boule lumineuse, fabriquée avec des vers luisants et une exuvie de serpent, boule qui devait me permettre de voir sous l’eau : c’était son présent pour l’exploration du cénoté de Chac-Mool, la divinité de la pluie.

J’ai pris mon souffle et me suis lancé dans la direction supposée de la poche d’air, une cordelette attachée au pied pour retrouver le chemin du retour. Je me suis heurté à des blocs calcaire, certainement un plafond effondré. Je fus forcé de faire demi tour. Je dus m’y prendre à plusieurs reprises ; à la neuvième tentative j’ai enfin perçu une lueur puis, dans une fuite éperdue vers l’air, j’ai enfin percé la surface d’un petit lac intérieur. La salle était à demi-éclairée par le faisceau de lumière du trou dans lequel Xlapak avait jeté son caillou. Du plafond de la grotte pendaient jusqu’à l’eau des tresses de racines des arbres de la jungle, racines sur lesquelles proliféraient des tarentules. Dans les anfractuosités de la voûte des araignées-scorpions.
J’ai repris mon souffle puis exploré sous l’eau le fond et les parois éclairés par le faisceau de lumière. Des poissons s’amusaient à le traverser. Dans l’eau douce je voyais parfaitement, ainsi que dans l’eau salée, par contre, à la jonction des deux couches, mélangées par mes mouvements, tout m’apparaissait désespérément flou…jusqu’à ce que l’eau repose un moment et que les couches se stabilisent. Et puis, soudain, je l’ai vu, incrustée dans la paroi : une conque, une demi-conque, une conque altérée, brisée, une conque fossile, mais une conque tout de même. J’ai compris que cet objet n’aurait aucune valeur à vos yeux et je n’ai pas cherché à le détacher de la paroi…Voilà l’événement marquant de mon exploration du monde maya…ah si, encore un détail, en sortant…en revenant sur mes brasses vers le trou de départ j’ai découvert deux femmes dans l’eau…deux femmes, blanches et nues, qui se tenaient debout, absolument indifférentes à mon exploit, je n’ai vu, sous l’eau, que le bas de leurs corps, mais c’était déjà plus que je n’aurais du voir…je me suis détourné et quand je suis sorti de l’eau elles n’étaient plus là.
– Répète-moi tout en détail…
– Quoi ? Depuis le début ?
– Non, les femmes… rends-toi à « l’Ile des Femmes »…

Je t’écris, père, de cette mer que tu as voué aux gémonies.
Je suis assis au sommet d’une dune de sable qui surplombe la baie. Le soleil sur ma droite disparaît derrière les collines ; les silhouettes des cactus en candélabre pointent au-dessus des arbustes. Finalement je préfère le doux chant de la mer vivante aux borborygmes hideux de ton Tlaloc et je vais rester ici parmi les « pouilleux ». Pour ton information ils se nomment « péricus ».
Je préfère aussi la chaleur, même étouffante, de la côte, à la fraîcheur des hauteurs de Tenochtitlan. C’est l’heure du vol crépusculaire des pélicans. Je n’ai pas encore vu les condors dont les Indiens d’ici me parlent beaucoup mais la vie est partout : hier soir j’ai chassé un scorpion de ma couche, un coyote en maraude s’est battu avec le chien à peau nue de ma logeuse et un écureuil me réveille chaque matin.
Dans la Laguna Ojo de Liebre j’ai caressé un géant placide des mers, il était venu de lui même à couple avec ma barque. J’ai croisé son regard ; j’ai bien crû y voir une âme. Sur une plage j’ai assisté à l’arribada, la ponte collective des tortues.
Le vent, même encore tiède, est une douceur sur ma peau après cette journée caniculaire. La plage à mes pieds, jonchée de coraux, de branchages et de coquilles d’huître, est déserte. Deux chiens jaunes errant me tiennent compagnie.
J’ai soumis aux Péricus ton idée de vider la mer de ses poissons. Trois lunes après ils en rigolent encore le soir. Ce sont d’habiles plongeurs et ils remontent de leurs explorations sous-marines des huîtres dont certaines recèlent un trésor. Qu’il échappe à la voracité de nos prêtres est mon vœu le plus cher.
La lumière me manque à présent pour écrire…Que Huizilopochtli te protège ! Le vrai Tlaloc, le Dieu de l’eau, est ici avec moi…

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Et une, et deux et trois…bonnes nouvelles…

Des scientifiques ont découvert par erreur une enzyme très efficace pour digérer le plastique.
En 2016 des Japonais découvrent sur un site de recyclage de bouteilles en plastique une bactérie possédant une PETase, une enzyme qui détruit le polyethylene terephthalate (PET). Des chercheurs du département américain de l’énergie renouvelable, en étudiant la structure de la molécule, créent par inadvertance un mutant de la PETase. Le mutant est non seulement beaucoup plus efficace mais il digère également le polyethylene furandicarboxylate (PEF). Grâce à cette PETase le PEF et le PET deviennent biodégradables…

 

Google aide le gouvernement Indonésien à lutter contre la pêche illégale.
En analysant les images satellites Google est capable de localiser les bateaux qui pêchent en zones interdites. En 2016, Google co-fonde Global Fishing Watch, une plate-forme d’imagerie en ligne. L’Indonésie a été la première nation a partager son système de suivi informatique des navires (VMSI, vessel monitoring system information) ce qui leur a permis de localiser plus de 5000 bateaux auparavant invisibles avec les systèmes classiques. Les stocks de poissons auraient ainsi doublé en deux ans (?) et le braconnage étranger chuté de 90%. Les navires arraisonnés par la Navy indonésienne sont coulés.

Les chercheurs étudiant la diversité génétique des coraux de la Grande Barrière ont trouvé que celle-ci était plus importante que ce qu’on pensait jusqu’alors ce qui pourrait augmenter de 50 ans – la portant à un siècle – l’espérance de survie de ces récifs face au réchauffement climatique ( PLOS Genetics). L’étude a porté sur Acropora millepora résistant au réchauffement.

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CEPHALOPOLIS « Ce que c’est qu’être une pieuvre… »

A quoi peut ressembler l’expérience subjective d’un poulpe ?

Nous avons exploré dans Humuhumunukunukuapua’a (1) et (2) (http://forum-photosub.fr/forum/viewtopic.php?f=101&t=15954) l’umwelt des poissons, c’est à dire ce qu’ils ressentent, leur univers sensoriel, nous allons maintenant faire la même chose avec les pieuvres.
Un poulpe commun possède 500 millions de neurones. C’est beaucoup. Beaucoup moins que nous, mais autant qu’un chien par exemple et sans équivalent, en tout cas, parmi les invertébrés.
Les poulpes sont limités par leur vie très courte (un an ou deux, comme les seiches ; quatre ans pour le poulpe géant du Pacifique).
Il y a 2 fois plus de neurones dans les bras que dans le cerveau central. Les bras touchent, sentent et goûtent. En gros, il y a un contrôle centralisé du mouvement global du bras (par la vue) et un réglage précis du mouvement par le bras lui-même.
Les poulpes ne sont pas très sociables et il semblerait que ce soit la chasse et la fuite des prédateurs qui aient fait émerger chez eux une certaine intelligence ou bien la nécessité de coordonner un corps complexe à plusieurs bras. Le poulpe serait l’illustration d’un mouvement théorique en psychologie intitulé la « cognition incarnée » (« embodiment ») : c’est le corps lui-même, plutôt que notre cerveau, qui serait responsable d’une partie de notre intelligence.
Les poulpes ont opté pour une délégation partielle d’autonomie à leurs bras. Pour le poulpe, les bras sont partiellement soi mais, pour son cerveau central, ils sont en partie non-soi, des agents à leur propre compte. Si vous essayez de prendre un objet avec votre main et qu’au dernier moment l’objet bouge, votre mouvement va changer aussi, sans que vous en ayez conscience, c’est un peu la même chose chez le poulpe. Le cerveau central est le chef d’orchestre, mais les joueurs qu’il dirige (les bras) sont des jazzmen enclins à l’improvisation et ne tolèrent sa direction que jusqu’à un certain point.
Mais pourquoi, bon sang, une vie si courte ? Sa vulnérabilité (c’est un mollusque sans coquille) conditionne son espérance de vie. L’évolution a privilégié, chez lui, la ruse et le camouflage, mais sa vie c’est le risque continuel de ne pas survivre jusqu’au lendemain.
Il y a une exception.
Au moins.
En 2007, à 1600 mètres de fond, les chercheurs de Monterey Bay ont trouvé une femelle de l’espèce Granaledone boreopacifica accrochée à la paroi, elle protégeait sa couvée, ils sont venus la voir tous les mois…pendant quatre ans et demi ! La plus longue incubation du règne animal. Si le rapport couvaison/durée de vie est le même que pour les autres poulpes, il pourrait vivre 16 ans.

« Le prince des profondeurs » de Peter Godfrey-Smith Flammarion 2018, (« Other minds : the octopus, the sea, and the deep origins of consciousness », 2016)

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