Sagesse de l’Immersion (suite)

Nous venons de donner un premier chèque de 2000€ à Coral Guardian,

merci à vous!

 

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Manta!

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Il y a, à deux encablures de San Benedicto (Archipel des Revillagigedo, Mexique), un site de plongée extraordinaire : un spot à mantas.

Le « Boiler » c’est d’abord une architecture sous-marine titanesque : imaginez un escalier géant à trois marches, chacune des contremarches mesurant six à huit mètres de hauteur ; la dernière marche, qui affleurait à cinq mètres de la surface, était balayée en permanence par des courants giratoires violents, d’où ce nom de « Boiler », la bouilloire, il ne fallait pas s’aviser d’y mettre le bout d’une palme. En contre-bas, la dernière marche donnait sur un tombant d’une cinquantaine de mètres, on la quittait en général vers 25 mètres de profondeur pour continuer dans le bleu, dans l’axe de l’escalier géant, et on finissait par tomber sur la « tour », une colonne rocheuse autour de laquelle tournoyaient les raies manta géantes.

Certaines pesaient deux tonnes pour cinq mètres d’envergure. Imaginer ces créatures volantes sous-marines : elles sont blanches, noires et grises, mais à dominante noire à Socorro, leurs yeux sont à la base de deux étonnants appendices céphaliques qui entourent la bouche. Ces fausses cornes, en fait des palettes, s’enroulent sur elles-mêmes et dirigent vers la bouche le flux nourrissier de plancton. Au repos, hors nourrissage, les cornes témoignent de son état mental : elles sont relâchées, libres, déroulées, quand la manta est détendue, enroulées quand elle est stressée.

Autour de la « tour », au « Boiler », il était possible de nager pendant des heures en compagnie des mantas. Oui, en compagnie, pas avec. J’y ai vu les raies manta géantes noires venir se faire caresser le ventre par les nuages de bulles des plongeurs, comme dans un jacuzzi géant (voir photo). Ce n’est pas une affabulation ou un rêve de plongeur zoolâtre : les mantas nous tournaient autour, ne s’arrêtant jamais, sauf lorsqu’elles rentraient dans un nuage de bulles, elles ralentissaient alors et se redressaient, exposant leur ventre blanc au bouillonnement des bulles expirées par les plongeurs situés au-dessous d’elles.

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Un jour, fasciné, j’ai suivi une raie dans le bleu et me suis retrouvé seul, ça m’arrivait de plus en plus souvent. Au bout d’un moment, ne voyant plus la manta, j’ai fait demi-tour pour rejoindre les autres. Non loin de la « tour », je croise un plongeur et lui fait signe. De retour sur le bateau, il vient me voir : « tu as vu, quand on s’est croisé sous l’eau, la manta te suivait, elle était juste derrière toi. »

Les mantas sont curieuses, elles cherchent notre compagnie. Pourquoi ? Nous n’en savons rien. Nous ignorons à peu près tout de leur écologie, de leur reproduction ou de leurs déplacements, car elles sont rares, ont une aire de répartition immense et passent la majeure partie de leur vie dans les profondeurs qui nous sont inaccessibles. Chaque contact, rencontre avec elle, est un don de l’Océan. Ces anges noirs et blancs des abysses, qui volent autour de nous au « Boiler » ou ailleurs, sont beaucoup plus que des poissons.

La taille de leur cerveau est comparable à celui des mammifères, il est beaucoup plus gros que celui des poissons de même taille et il est entouré d’un réseau vasculaire qui le réchauffe, ce qui accélère les réactions chimiques. Les femelles nourrissent leurs embryons avec du « lait » sécrété par un « utérus » avant la naissance. Les mantas ont développé un comportement alimentaire coopératif pour mieux capturer le plancton. Elles réussissent le test de Gallup : elles se reconnaissent dans un miroir, comme les éléphants, les grands singes et les dauphins.

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Un simple poisson à sang froid ? Allons donc ! Les raies manta sont des fées géantes qui arpentent les mers chaudes du globe depuis vingt millions d’années. Et nous, qui sommes nous ?

Chaque raie qui vole autour de nous, à Socorro ou Baa est unique, reconnaissable par le dessin des tâches noires sur son ventre. Ces raies, dans leur voyage circumterrestre, sont accompagnées par des carangues et des rémoras.

La visibilité est fantastique, nous voyons jusqu’à 40, 50 mètres. L’ondulation hypnotique des ailes des raies joue, sous le miroitement de la surface, avec les rayons du soleil. Plus en profondeur, vers trente mètres, une raie se dirige vers moi, le noir et le blanc de sa robe dessine les traits fins et mystérieux d’une calligraphie océane. De retour sous la lumière, je remarque le plancton peu dense – des petites « plumes  de duvet » qui flottent, éparses et qui brillent dans les rais de lumière – les raies ne sont donc pas là pour se nourrir, d’ailleurs elles nagent bouche fermée, ni pour se faire nettoyer par les poissons déparasiteurs, non, elles sont là pour nous, ou du moins, elles restent pour nous, et ce sont elles qui décident du comment et du pourquoi.

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Combien de plongeurs restés en groupe autour de Roca Partida (Mexique) n’en verront pas la queue d’une, alors qu’à quelques mètres de là, un plongeur isolé, à l’écart du pain de sucre englouti, passera une demi-heure à jouer avec une raie. Pas d’anthropomorphisme, ou si, après tout, pourquoi pas ? Et si c’était une voie d’abord fructueuse pour ces poissons qui n’en sont plus vraiment et qui recherchent les interactions avec nous ? Plongeurs, nous sommes des ambassadeurs, nous devons décrypter leurs signaux. Cette raie géante, qui éprouve du plaisir à se faire caresser le ventre par les bulles, nous dit quelque chose des profondeurs océanes, oui, mais quoi ?

Merci à Robert Rubin!

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Eloge du Kelp

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J’éprouve pour le kelp une étrange fascination.

Chacun son truc : j’ai un camarade, qui a passé l’âge de regarder le film Némo en boucle et qui, pourtant, au risque de la panne d’air, est capable de rester une demi-heure allongé sur le fond à prendre une photo de poisson-clown.

Je ne mange pas de kelp (les sites vegan signalent que sa concentration en iode est hallucinante).

Je n’habite pas la côte nord-ouest américaine et ne suis ni une loutre ni un « rock fish ».

Le kelp est un truc informe, maronnasse, gluant, qui flotte à la surface de l’eau et qui ne passionne pas grand monde.

Je crois que, ce qui me fascine (comme quand j’observe un banc de poissons ou récolte mon dixième kilo de pêches de vigne sur le même arbre), c’est l’extraordinaire productivité de la nature quand on la laisse en paix.

Les rubans et les bulbes de kelp, qui flottent à la surface des baies de la Colombie-Britannique, contribuent à la beauté de ses paysages.

Ce sont des algues annuelles géantes que l’on trouve sur la côte Pacifique américaine, de la Californie à l’Alaska. Les deux plus grandes espèces sont le kelp géant (Macrocystis pyrifera) et le bull kelp (Nereocystis luetkeana), il y a au moins cinq autres espèces de kelp en Colombie-Britannique. Elles peuvent faire jusqu’à 36 mètres de long, et croître, en juin, de 60 centimètres par jour. Ces plus grandes plantes marines au monde sont les « arbres » de la « forêt » sous-marine américaine. Elles fournissent nourriture et abris à des centaines d’animaux que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Les flotteurs (pneumatocystes), contiennent du gaz carbonique et étaient utilisés par les Amérindiens pour stocker de l’eau et de l’huile d’eulachon (poisson).

Les harengs déposent leur ponte sur des rubans de kelp, c'est un mets de prédilection pour les Amérindiens de la côte NW

Les harengs déposent leur ponte sur des rubans de kelp, c’est un mets de prédilection pour les Amérindiens de la côte NW

Les survivants de la seconde expédition de Vitus Béring, au 18ème siècle, rapportent quelques peaux de loutre de mer, ce qui déclenche une ruée vers les îles Aléoutiennes, d’abord, puis vers le sud ensuite. Pire que la ruée vers l’or. Tous les perdus de l’Empire russe débarquent dans le détroit, les Aléoutes sont asservis pour chasser les loutres. Pourquoi la loutre de mer ? La loutre, contrairement aux autres mammifères marins, n’a pas de couche de graisse sous-cutanée qui l’a protégerait du froid mais, à la place, une fourrure unique au monde de 800 millions de poils, fourrure qu’elle passe des heures à entretenir. Au 19ème siècle, Russes puis Américains parachèvent le massacre des loutres de mer dont la fourrure se vend une fortune en Chine. Leur population passe de un demi-million à 1500 animaux, éparpillés dans quelques baies, en Californie, en Alaska et en Sibérie. La pullulation d’oursins qui en résulte faillit faire disparaître les forêts de kelp. Jusqu’en 1968, où l’on a commencé à réintroduire la loutre, à la protéger. En vingt ans, la loutre revient et retrouve même, en certains endroits, son abondance historique. Et puis soudain, dans les années 90, les populations s’effondrent à nouveau : en 10 ans, elles perdent 90% de leurs effectifs.

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Photo : Jean Bourrel

A la fin des années 70, certaines orques, n’ayant plus de baleines à se mettre sous la dent, se sont spécialisées dans les phoques, les otaries, les lions de mer…et les loutres (il en faut 1800 par an pour nourrir une orque). Dix minutes pour décrire, ici, ce phénomène, mais dix ans de travail aux écologistes (Estes et Palmisano) pour le comprendre. Transformez une forêt de kelp en un désert d’oursins, vous modifiez tout un écosystème, du régime alimentaire des aigles pêcheurs, à la croissance des bernacles, jusqu’à la hauteur des vagues qui battent la côte…Et pourtant…les populations florissantes de loutres de mer ne sont, elles-mêmes, peut-être, que la résultante du massacre, en 27 ans, à la fin du 18ème siècle, de la rhytine de Steller (famille des dugongs) par les marins de Bering…(voir « Les larmes étaient leur pardon »)…les cascades écologiques sont d’une infinie complexité.

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« Sagesse de l’Immersion » (suite)

Le livre est dispo à la vente ici:

https://www.amazon.fr/Sagesse-lImmersion-Vassart-Marc/dp/2955746509/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1475924846&sr=8-1&keywords=sagesse+immersion

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Enjeux de la protection des océans au Canada.

 

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Les promesses de Trudeau :

Elu le 4 novembre 2015, Justin Trudeau, le nouveau Premier Ministre libéral, a succédé à Stephen Harper le Conservateur. Harper était l’ami des grands pétroliers, plutôt climatosceptique, il avait fait sortir le pays du protocole de Kyoto. Sitôt après son élection Trudeau a fait une apparition triomphale à la COP21 sur l’air de « Canada is back ». ça a servi son image internationale et lui a permis au passage de négocier des objectifs de réduction des gaz à effet de serre très modestes.

Qu’a-t-il dit ? Quelles sont ses promesses ? Ecoutons-le.

« Un gouvernement libéral :

  • assurera ses engagements internationaux en augmentant les Aires Marines Protégées de 1,3% à 5% en 2017 et 10% en 2020…
  • annulera la suppression de 40 millions de $ du budget fédéral consacré à l’océanographie et rétablira les capacités scientifiques du Department of Fisheries and Oceans
  • supprimera les amendements Harper au Fisheries Act et inclurera de nouvelles garanties pour protéger notre océan et les milieux des poissons d’eau douce
  • travaillera avec les Provinces, les Peuples Indigènes et autres parties prenantes pour gérer nos océans et
  • formaliser le moratoire sur le trafic des bateaux pétroliers sur la côte nord de Colombie-Britannique, ce qui comprend Dixon Entrance, Hecate Strait, et Queen Charlotte Sound, et assurer que les zones écologiquement fragiles et les économies locales soient à l’abri d’une marée noire. »

« Pendant dix ans S. Harper n’a pris aucune décision en faveur de l’environnement, il a muselé les scientifiques, coupé les budgets de recherche et a permis à d’autres pays de devenir leaders sur des sujets tel que le réchauffement climatique. (“For ten years, Stephen Harper has refused to take meaningful action on the environment – slashing environmental protections, muzzling scientists, cutting overall science funding, and allowing other countries to take the lead on pressing issues like climate change,”)

« A Liberal government will take immediate steps to protect our oceans, safeguard our marine and coastal habitats…From coast to coast to coast, that means investing in the protection of our oceans – the health of which is vital to safeguarding our environment and growing our economy.”

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Une histoire de pipeline

La Colombie-Britannique (CB) est la seule Province canadienne à n’avoir pas signé de traités avec les First Nations avant de s’approprier leurs terres, ce qui fait, que, juridiquement, ce sont encore les leurs. C’est à l’origine de procès interminables devant les juridictions compétentes. Cherchant à construire un oléoduc géant pour écouler le pétrole issu de ses sables bitumineux (l’un des plus polluants de la planète par son extraction) les Canadiens ont pensé aux Etats-Unis, mais Obama a dit non au Keystone XL Pipeline. Ils ont alors pensé à l’écouler par le Pacifique et la Colombie-Britannique (Enbridge Northern Gateway pipeline), mais les First Nations ont dit non (voir) donc, pour l’instant ça sera vers l’ouest, l’Atlantique, Québec, le St-Laurent…mais un des points de sortie maritime envisagés arrive au milieu d’une pouponnière à bélugas.

Chasse aux phoques

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Depuis les années soixante-dix et Brigitte Bardot, c’est le Canada contre le reste du monde. Qu’en est-il ?

Pour continuer à vendre des peaux de phoques le Canada a durci les conditions d’abattage : les blanchons (jeunes phoques de moins de 12 jours) ne sont plus tués, il y a des quotas, des dates, des formations pour les chasseurs, une homologation des navires…

Rien n’y fait : le 25 octobre 2010, la Cour de Justice de l’Union Européenne a confirmé l’embargo européen des produits provenant de la chasse commerciale des phoques. Lundi 25 novembre 2013, l’OMC rend son rapport sur la plainte du Canada et de la Norvège contre l’interdiction d’importation dans l’Union européenne des produits issus de la chasse commerciale des phoques. Le groupe spécial de l’OMC maintient la décision de l’Union européenne d’interdire les produits issus de la chasse aux phoques. L’Union européenne est en droit d’interdire ce commerce contraire à l’éthique de ses citoyens.

Outre les pays de l’Union européenne, les pays qui ont eux aussi interdit les importations issues de la chasse aux phoques sont : les Etats-Unis, le Mexique, la Croatie, Taiwan, la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie

Les revenus sont de 0,6 million € au Nunavut et 34 millions € à Terre-Neuve et Labrador. La chasse permet d’assurer la subsistance d’environ 15 000 familles de pêcheurs sept mois par année.

La population de phoques du Groenland a triplé depuis le niveau de 1970 passant de 1,7 million à 5,2 millions d’individus en 2000.

Débarquements de phoques :

Le phoque du Groenland alimente la quasi-totalité de la chasse commerciale au Canada, suivi par le phoque gris qui est peu chassé. Le tableau suivant indique le nombre total de phoques gris et de phoques du Groenland chassés au Canada au fil des ans.

Année Phoque du Groenland Phoques gris
2015 35 000 1 145
2014 60 000 82
2013 98 000 111
2012 71 000 8
2011 38 000 195
2010 69 000 7
2009 77 000 S.O.
2008 218 000 S.O.
2007 225 000 S.O.
2006 355 000 S.O.
2005 324 000 S.O.
2004 366 000 S.O.
2003 290 000 S.O.
2002 312 000 S.O.

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Elevage de saumons Atlantique

…sur la côte Pacifique, au milieu des rivières à saumons du Pacifique (5 espèces).

Les écologistes (Sea Sheperd) entrent en conflit, comme cet été à Campbell River, avec des membres des communautés des First Nation. La plupart des fermes à saumons de CB sont sur la côte est de l’île. Les saumons d’élevage sont une menace pour les saumons sauvages car ils leur transmettent des maladies (le poux de mer par exemple ou un reovirus qui toucherait 80% des fermes aquacoles de saumons, autres???), les échappés des élevages pourraient se reproduire avec les sauvages et modifier leurs caractéristiques génétiques, les élevages sont responsables de pollution du milieu. Pour les Tlowitsis associés à Grieg Seafood les fermes à saumons sont une part importante de leur économie.

La Commission du Saumon Pacifique prévoit que cette année 2,27 millions de saumons sockeye sont attendus (contre 3,9 millions il y a 50 ans).

 

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Arctique

La fonte des glaces entraîne de profondes mutations dont l’ouverture du passage du Nord-Ouest à la navigation. L’enjeu est considérable : raccourcir de 4000 kms le trajet actuel entre Europe et Extrême-Orient. La Mer de Beaufort renfermerait jusqu’à un quart des réserves mondiales d’hydrocarbures. Richesse qui ravive la querelle entre Canada et Etats-unis sur le tracé de leur frontière maritime – sur le 141e méridien, selon les Canadiens, équidistante des côtes pour les Américains. Depuis le 9/4/2006 le Canada considère le passage du Nord-Ouest comme faisant partie de ses eaux intérieures. Le pays prévoit la création d’un port en eaux profondes à Nanisivik (au nord de l’île de Baffin) et un renforcement de sa présence militaire et scientifique.

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Statut des principales espèces marines menacées.

Espèces disparues du pays

  • Mammifères
    • Baleine grise (Eschrichtius robustus) population de l’Atlantique

      Whale, Grey Atlantic population

    • Morse de l’Atlantique (Odobenus rosmarus rosmarus) population de l’Atlantique Nord-Ouest

      Walrus, Atlantic Northwest Atlantic population

  • Poissons
    • Bar rayé (Morone saxatilis) population de l’estuaire du Saint-Laurent

      Bass, Striped St. Lawrence Estuary population

    • Gravelier (Erimystax x-punctatus)

      Chub, Gravel

    • Spatulaire (Polyodon spathula)

      Paddlefish

    • Espèces en voie de disparition
  • Mammifères
    • Baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus) population du plateau néo-écossais

      Whale, Northern Bottlenose Scotian Shelf population

    • Baleine noire de l’Atlantique Nord (Eubalaena glacialis)

      Whale, North Atlantic Right

    • Baleine noire du Pacifique Nord (Eubalaena japonica)

      Whale, North Pacific Right

    • Épaulard (Orcinus orca) population résidente du sud du Pacifique Nord-Est

      Whale, Killer Northeast Pacific southern resident population

    • Rorqual bleu (Balaenoptera musculus) population de l’Atlantique

      Whale, Blue Atlantic population

    • Rorqual bleu (Balaenoptera musculus) population du Pacifique

      Whale, Blue Pacific population

    • Rorqual boréal (Balaenoptera borealis) population du Pacifique

      Whale, Sei Pacific population

. Reptiles

    • Tortue luth (Dermochelys coriacea)

      Sea Turtle, Leatherback

. Poissons

    • Esturgeon blanc (Acipenser transmontanus) population de la rivière Kootenay

      Sturgeon, White Kootenay River population

    • Esturgeon blanc (Acipenser transmontanus) population de la rivière Nechako

      Sturgeon, White Nechako River population

    • Esturgeon blanc (Acipenser transmontanus) population du cours supérieur du Columbia

      Sturgeon, White Upper Columbia River population

    • Esturgeon blanc (Acipenser transmontanus) population du cours supérieur du Fraser

      Sturgeon, White Upper Fraser River population

    • Grand requin blanc (Carcharodon carcharias) population de l’Atlantique

      Shark, White Atlantic population

    • Pèlerin (Cetorhinus maximus) population du Pacifique

      Shark, Basking Pacific population

    • Saumon atlantique (Salmo salar) population de l’intérieur de la baie de Fundy

      Salmon, Atlantic Inner Bay of Fundy population

    • Espèces menacées
  • Mammifères
    • Béluga (Delphinapterus leucas) population de l’estuaire du Saint-Laurent

      Whale, Beluga St. Lawrence Estuary population

    • Épaulard (Orcinus orca) population migratrice du Pacifique Nord-Est

      Whale, Killer Northeast Pacific transient population

    • Épaulard (Orcinus orca) population océanique du Pacifique Nord-Est

      Whale, Killer Northeast Pacific offshore population

    • Épaulard (Orcinus orca) population résidente du nord du Pacifique Nord-Est

      Whale, Killer Northeast Pacific northern resident population

    • Rorqual à bosse (Megaptera novaeangliae) population du Pacifique Nord

      Whale, Humpback North Pacific population

    • Rorqual commun (Balaenoptera physalus) population du Pacifique

      Whale, Fin Pacific population

Espèces préoccupantes

  • Mammifères
    • Baleine à bec de Sowerby (Mesoplodon bidens)

      Whale, Sowerby’s Beaked

    • Baleine boréale (Balaena mysticetus) population des mers de Béring, des Tchouktches et de Beaufort

      Whale, Bowhead Bering-Chukchi-Beaufort population

    • Baleine grise (Eschrichtius robustus) population du Pacifique Nord-Est

      Whale, Grey Eastern North Pacific population

    • Loutre de mer (Enhydra lutris)

      Otter, Sea

    • Marsouin commun (Phocoena phocoena) population de l’océan Pacifique

      Porpoise, Harbour Pacific Ocean population

    • Oreillard maculé (Euderma maculatum)

      Bat, Spotted

    • Otarie de Steller (Eumetopias jubatus)

      Sea Lion, Steller

    • Ours blanc (Ursus maritimus)

      Bear, Polar

    • Rorqual commun (Balaenoptera physalus) population de l’Atlantique

      Whale, Fin Atlantic population

  • Poissons

    • Requin griset (Hexanchus griseus)

      Shark, Bluntnose Sixgill

    • Sébaste à oeil épineux du type I (Sebastes sp. type I)

      Rockfish type I, Rougheye

    • Sébaste à oeil épineux du type II (Sebastes sp. type II)

      Rockfish type II, Rougheye

    • Sébaste aux yeux jaunes (Sebastes ruberrimus) population des eaux extérieures de l’océan Pacifique

      Rockfish, Yelloweye Pacific Ocean outside waters population

    • Sébaste aux yeux jaunes (Sebastes ruberrimus) population des eaux intérieures de l’océan Pacifique

      Rockfish, Yelloweye Pacific Ocean inside waters population

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Phare d’Eckmühl nous éclaire…

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« Phare d’Eckmühl » ce sont des conserves de produits de la mer trouvées uniquement dans les magasins bio. Marque éco-responsable régulièrement bien classée par Greenpeace pour ses boites de thon. Essayons d’en savoir un peu plus avec Véronique Paulet, chef de produit de la marque.
mai 2016 bis

Bonjour Véronique,

Pourriez vous vous présenter en quelques mots ainsi que l’entreprise pour laquelle vous travaillez?

(pourriez vous résumer succinctement les rapports entre Phare d’Eckmühl/Le Connétable/ Chancerelle)?

L’entreprise Chancerelle est la plus ancienne conserverie de sardines encore en activité, elle a été créé en 1853. Sa marque la plus connue est la marque Connétable , conserves de poissons premiums vendues en grande distribution. Connétable est avant tout connue pour ses sardines préparées à l’ancienne, mais aussi pour ses sardines Label rouge. Fort de cette expérience dans la qualité, nous avons évolué naturellement vers le bio vers la fin des années 90. Début 2011 nous avons lancé la première conserve de poisson portant le logo AB, une conserve de truite aux 3 huiles, et ainsi est née la marque Phare d’Eckmühl. Les conserves Phare d’Eckmühl s’adressent à des consommateurs soucieux de leur santé et de la préservation de l’environnement. Dans ces conserves nous avons fait le choix, dès la création de la marque,  de rechercher les techniques de pêche les plus respectueuses de la biodiversité marine.

Me concernant , je travaille pour la marque Phare d’Eckmühl depuis 2005. Le marché était très jeune je gérais donc le marketing et le commercial ; depuis 2007 l’équipe s’est renforcée nous sommes passés à 5, et je suis désormais Chef de produit c’est-à-dire que je travaille autour de la marque et des nouveaux produits.

« Vous même appartenez à la famille des créateurs de la conserverie?

On a donc 2 marques et une conserverie, est-ce que ça ne pose pas de problème de traçabilité? Comment ça se passe en pratique : il y a une séparation physique dans la conserverie ou bien des jours réservés à Phare d’Eckmuhl (PE)? »

Oui je suis une Chancerelle, nous sommes 3 cousins à y travailler. L’entreprise appartient toujours totalement et exclusivement à la famille Chancerelle.

Concernant la traçabilité, nous sommes à la pointe au niveau technologique. Chaque lot de poisson est enregistré et codifié à son arrivée à la conserverie et sera suivi tout au long du processus de fabrication. Ainsi nous savons à chaque instant quel poisson est dans quelle boite. De plus, effectivement, nous travaillons en général à la journée de production, d’autant que, pour Phare d’Eckmühl, le bain de friture de nos sardines est à l’huile de tournesol bio il faut donc nettoyer entièrement la ligne et vider la totalité du bain d’huile, donc en général quand la conserverie fabrique des sardines Phare d’Eckmühl elle en fait plusieurs d’affilé.

 

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« La marque PE a surtout été connue du grand public par le classement Greenpeace des boites de thon « écoresponsables ». En 2015 vous êtes deuxième, vous étiez premier en 2014, je crois, à cause du choix de l’origine de votre thon albacore, maintenant en provenance de l’Océan Atlantique (avant de l’Océan Indien), où il est surexploité…Deuxième, c’est déjà très bien! Est-ce que vous pouvez détailler un peu comment vous choisissez l’origine de vos thons, les bateaux, les méthodes de pêche? Peut-on vraiment aujourd’hui pêcher de grosses quantités de thons sans utiliser les Dispositifs à Concentration de Poissons (DCP, pour des précisions voir ici)

La marque Phare d’Eckmühl est présente dans 80% des magasins bio et cela bien avant la parution du classement de Greenpeace.  Ce classement nous a donné une visibilité nationale mais n’a pas réellement d’impact sur nos ventes. Nous avons reculé dans le classement essentiellement car Greenpeace souhaite voir privilégier les achats en thon listao , or nous n’en fabriquons pas actuellement. Concernant notre politique d’achat nous avons une liste de critères à prendre en compte pour chaque espèce de poisson. L’an passé nous avons partagé notre politique d’achat avec nos clients et les ONG, puis avec les consommateurs http://www.pharedeckmuhl.com/fr/nos-engagements/politique_achat

Ces critères varient suivant le type de poissons et sont assez complexes à articuler. Quelques critères : la méthode de pêche, le lieu de pêche, les espèces de poissons, la qualité de la réfrigération à bord, la traçabilité du bateau, des critères sociaux, des listes noires de bateaux ou d’armements, de pays…

Pour l’ensemble de l’entreprise Chancerelle 100%  de nos achats de thon entier sont issus de pêche sans DCP. Pour la marque Phare d’Eckmühl nous achetons uniquement des thons  pêchés soit  à la ligne soit à la canne, type  de pêche pratiquée au large du Sénégal, vous pouvez voir une vidéo réalisé pour Thalassa : http://www.pharedeckmuhl.com/fr/actualites/la-peche-la-canne, et également du « pole and line ».

Pour votre dernière question : oui,  on peut s’approvisionner en grande quantité avec  des techniques de pêche n’utilisant pas de DCP, il existe des pêche à la senne sans DCP également.

 

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« Sur vos documents on peut lire « pas de pêche au chalut », pourtant les morues dont proviennent vos foies sont pêchées au chalut, non?

Avec le numéro de lot d’une boite de thon on peut remonter, par un sms de votre part, au nom du navire, par exemple « Bountiful », ensuite, peut-on en savoir plus et comment : pavillon du navire, zone de pêche, techniques de pêche…? »

Pouvez-vous préciser sur quel document avez-vous lu « pas de pêche au chalut » ? De manière générale les méthodes de pêches sont choisies en fonction des espèces pêchées et des lieux de pêche. En ce qui concerne le chalut il en existe de différents types, une chose est sûre, on s’est interdit la pêche au chalut de hauts fonds ( sous les 800m), de plus, concernant le foie de morue nous nous fions à l’organisme Marine Stewardship Council MSC pour établir la durabilité de la ressource et de la méthode de pêche.

Concernant le thon, à partir du numéro de lot sur demande écrite ( courrier ou mail) nous pouvons fournir : la méthode de pêche, la zone de pêche, , le pavillon du ou des navires et le nom  d’un ensemble de bateaux concernant la pêche à la canne.

 

« OK, c’était page 14 de votre dossier de presse : « elles excluent le recours aux chaluts de fond… »

Concernant MSC, c’est vrai que c’est un progrès par rapport à avant où il n’y avait rien, cependant, avez vous des critiques vis à vis de ce label? »

En tant que consommatrice, je trouve vraiment important d’avoir des labels positifs qui soutiennent des pêcheries et proposent ainsi des produits durables, en tant qu’entreprise le label pouvant être retiré à n’importe quelle moment aux pêcheries ou presque,  nous prenons un risque  en apposant le label sur nos produits. En ce qui concerne leurs méthodes d’investigation je n’ai pas de remarques particulières.

 

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 « …d’autant que vos produits, que j’ai testés, sont excellents!

Un mot sur le saumon. Les gens ont du mal à comprendre qu’un poisson, même d’élevage, puisse être Bio : – des alevins Bio, ça veut dire qu’ils viennent d’un élevage bio? – une alimentation sans OGM, je suppose à un taux inférieur à 0,5%, c’est ça? sans farine animale, avec céréales bio et « poissons de haute mer ». Vous pouvez nous donner des détails sur ces poissons? – une densité de poissons jusqu’à 6 fois inférieure aux élevages conventionnels, OK – pas de stimulateur de croissance, additif médicamenteux, colorant chimique, stimulateur d’appétit, hormone de synthèse, OK, mais qu’en est-il de l’éthoxyquine utilisé pour empêcher l’oxydation des farines et huiles de poissons issues de la pêche minotière (qui servent à nourrir les saumons d’élevage)? – interdiction de suroxygéner les poissons, OK – comment la qualité de l’eau est-elle mesurée? Pourquoi ne pas choisir un saumon sauvage du Pacifique MSC? »

Merci pour nos produits. Je vais d’abord répondre à votre dernière question: pourquoi pas du saumon MSC? C’est une question que l’on se repose régulièrement! Disons que tant qu’il existe près de chez nous du saumon d’aquaculture bio je pense que pour l’environnement c’est le meilleur choix. Quand il n’existe pas de ressources durables près de chez nous il faut mieux aller chercher du poisson MSC. Concernant les élevages: C’est zéro OGM demandé dans le règlement européen. Des alevins effectivement provenant d’élevage bio, une dérogation temporaire avait été apportée au commencement des premiers élevages. Et la qualité est contrôlée par des services indépendants, je ne connais pas la fréquence de ces contrôles. Les élevages terrestres doivent toujours être en amont des élevages conventionnels et de toutes activités industrielles. Au sujet de l’éthoxyquine, il s’avère que cette molécule n’est pas autorisée en Bio selon Règlement 889/2008. Nous commercialisons très peu de poissons issus de l’aquaculture, nous faisons confiance aux producteurs. Par conséquent je n’ai pas de données spécifiques liées aux farines de poissons utilisées en aquaculture. Cependant je peux vous dire que nous vendons les têtes et les déchets de poissons sauvages à des entreprises qui réalisent des farines de poissons.

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La Chine et la mer

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La Chine puissance maritime mondiale ?

En décembre 2015, lors du sommet Chine-Afrique de Johannesburg, s’est décidée l’installation, à Djibouti, de la première base navale chinoise à l’étranger. L’intention de Pékin est d’assurer la sécurité de ses lignes d’approvisionnement et sa présence effective sur tous les océans. Surtout l’océan Indien, que la Chine a encerclé de points d’appui appelés « colliers de perles » par les marins.

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La Marine chinoise en chiffres

260 000 soldats

1 Porte-avions, 17 Destroyers, 54 Frégates, 70 Sous-marins, 223 Corvettes, patrouilleurs, 53 Chasseurs de mines, 241 Bâtiments amphibie, 332 avions, 103 Hélicoptères

 

Velléités impérialistes en Mer de Chine Méridionale

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Cette carte présente la fameuse « ligne en neuf traits », qui délimite la zone sous souveraineté chinoise selon Pékin. Elle donne l’impression que l’Empire du Milieu considère la mer de Chine méridionale comme zone maritime intérieure. Très discutables du point de vue de la juridiction internationale, ces fameuses lignes de démarcation demeurent un mystère aux yeux de nombreux observateurs, car, pour justifier leur existence, la Chine en appelle à des sources historiques qu’elle est la seule à connaître.

Les côtes de la mer de Chine méridionale ont été l’objet de conflits millénaires. Désormais, il s’agit de la mer elle-même. Les revendications de la Chine se heurtent à celles des pays riverains : les Philippines, le Vietnam, Brunei, Taïwan, la Malaisie et l’Indonésie. C’est en outre dans cette région que deux grandes puissances, la Chine et les États-Unis, se confrontent directement. Les enjeux du conflit sont extrêmement complexes. Il s’agit de la suprématie de la Chine, ainsi que de ses revendications territoriales dans la région, face aux États-Unis et à ses alliés. Le poisson y représente un autre enjeu, tout comme le pétrole et le gaz. Selon les estimations de l’Institut américain USGS, publiées en 2012, la mer de Chine méridionale renfermerait l’équivalent de 12 milliards de barils de pétrole.

La Mer de Chine Méridionale est ainsi, sans doute, actuellement, le point le plus « chaud » de la planète. L’endroit de la planète où risque le plus d’éclater un conflit mondial. Les incidents entre les Etats-Unis et la Chine dans cette région du monde se multiplient. Le dernier le 7 juin quand un avion de reconnaissance américain a été intercepté « de façon dangereuse » par un appareil chinois au-dessus de la mer de Chine orientale. Pour paraphraser Guy Sorman « qui contrôle les îles Paracels contrôle le monde » car il y transite un tiers du commerce mondial. Pour l’instant, le gendarme c’est la VIIe Flotte américaine, sans elle la mer de Chine serait un champs de bataille. Xi Jinping, le numéro un chinois, souhaite transformer cette mer en « lac chinois » dont sa marine deviendrait le seul gardien. Pour l’instant il applique la méthode du grignotage par les extrémités : la marine chinois s’empare des îlots des Paracels un par un, en étend la surface, y édifie pistes d’atterrissage et bases de missiles.

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En droit de la mer, une terre émergée n’est considérée comme une île qu’à partir du moment où elle est adaptée à la vie humaine, sans approvisionnement extérieur. Cette définition peut faire l’objet d’interprétations diverses. Si la Chine parvenait à transformer les nombreuses petits traits qui émaillent la carte en véritables îles, elle créerait du même coup leurs propres eaux territoriales, leurs zones commerciales exclusives – et étendrait même, sous certaines conditions, son plateau continental. En s’octroyant toutes les ressources qui vont avec. La mer de Chine se ferme au sud. Au nord, Pékin tente de séduire Séoul en lui offrant la réunification des deux Corées en échange de leur neutralisation. Les autres riverains, à l’instigation des Américains, adoptent une stratégie de « containment », un arc de cercle antimissile et un système d’alliances qui va du Japon à l’Inde.

Chine et surpêche

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Les statistiques de pêche de la FAO sont basées sur les déclarations de chaque pays. Watson et Pauly, deux chercheurs en ressources halieutiques, étaient très étonnés des déclarations de la Chine, qui révélaient, entre 1980 et 1998, une croissance quasi exponentielle alors que les autres pêcheries mondiales commençaient à stagner. Les pêcheries chinoises progressaient de 3 à 15 millions de tonnes alors que généralement les pays ont plutôt tendance à sous-évaluer les débarquements de poissons auprès de la FAO. En 2001, les deux chercheurs jettent un pavé dans la mare en publiant dans Nature un article où ils démontrent que la Chine fournit des déclarations de captures irréalistes et sans fondement. Les valeurs recalculées, en tenant compte des caractéristiques environnementales et océanographiques, montrent que la Chine ne pêche plus que 5,5 millions de tonnes au lieu des 10,1 millions annoncées. Dans l’économie socialiste chinoise le mot d’ordre était d’accroître la production halieutique au même titre que que les productions agricoles. Entre 1987 et 1999 la décroissance des prises mondiales apparût alors au grand jour.

Menace sur les requins de la planète

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L’Empire du Milieu est en partie responsable de l’effondrement des populations de tigres (pour sa pharmacopée), de celles d’éléphants (pour les objets en ivoire), ainsi que de celles de rhinocéros (pour la pharmacopée). Qu’en est-il des requins?

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EXTRAIT DU RAPPORT FAO 2015

traduit par Bloom

Le commerce mondial des requins et des raies avoisine le milliard de dollars par an (900 millions d’euros). Nos connaissances sur ce marché sont pourtant extrêmement limitées. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié l’an dernier un rapport sur les deux produits de chondrichtyens (poissons cartilagineux : requins, raies et chimères) les plus commercialisés dans le monde : la viande et les ailerons de requin.

Les ailerons de requins sont des produits de luxe vendus principalement sur le marché asiatique. Ils servent notamment à la confection de soupes d’ailerons, consommées traditionnellement dans les mariages chinois et hongkongais. À cause de ce marché extrêmement lucratif, les pêcheurs de requins ont pris l’habitude de pratiquer l’aileronnage ou finning en anglais. Cette pratique consiste à découper les ailerons des requins ou des raies capturés avant de les rejeter par dessus bord (sans aucune chance de survie, donc). Cela permet aux producteurs de gagner de la place sur leur bateau et de ramener ainsi de plus grands volumes d’ailerons, maximisant ainsi leur chiffre d’affaire.

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Dans de nombreux pays, cette pratique est de plus en plus régulée et contrôlée. Ainsi, le commerce d’ailerons a légèrement diminué depuis l’année 2000. L’aileronnage a été interdit en Europe en 2013, obligeant les pêcheurs à débarquer et donc à valoriser l’ensemble du requin ou de la raie pêché. Cet encadrement croissant de l’aileronnage a conduit à une expansion du commerce de viande de requin, à tel point que l’on peut aujourd’hui parler d’un véritable marché mondial du requin : toutes les flottes industrielles et artisanales approvisionnent le marché asiatique en ailerons, tandis que la viande est envoyée vers des canaux d’approvisionnement du monde entier pour répondre à une demande en pleine croissance et poussée par des pays comme le Brésil. Cette expansion du commerce de la viande de chondrichtyen a amené les pêcheurs à considérer les requins comme de véritables cibles commerciales, alors qu’ils étaient principalement pêchées de manière « accidentelle » jusqu’à maintenant. Les données FAO de 2011 montrent que le commerce de la viande de requins a augmenté de 42% en volume depuis les années 2000. À cause de cet accroissement de la pression de pêche sur ces espèces sensibles (durée de vie importante, reproduction tardive, petites portées, …), il est donc essentiel de continuer les efforts pour maintenir et développer des systèmes de contrôle et de régulation de leur commerce, et ce malgré le succès des campagnes anti-aileronnage.

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Les principaux consommateurs d’ailerons sont la Chine, Hong Kong, Taïwan, Singapour, la Malaisie et le Vietnam tandis que les plus gros consommateurs de viande de requin se trouvent en Europe (Italie, Espagne) et en Amérique Latine (Brésil, Uruguay). La Corée du Sud est quant elle la plus grande importatrice de viande de raie. Ce sont chaque année près de 17 000 tonnes d’ailerons qui sont importées dans le monde, pour une valeur de 380 millions de dollars (345 millions d’euros). En ce qui concerne la viande, près de 110 000 tonnes sont importées en moyenne chaque année, pour une valeur de 240 millions de dollars (218 millions d’euros). Les principaux « producteurs » d’ailerons (ceux qui capturent les requins pour en exporter les ailerons) sont l’Espagne, l’Indonésie, Taïwan ainsi que le Japon. D’autres pays sont engagés dans ce commerce mais sous des formes différentes : les Émirats Arabes Unis sont des traders d’ailerons, c’est-à-dire qu’ils les achètent puis les revendent mais ne pêchent pas, tandis que la Chine les transforme avant de les revendre. Bien que son rôle soit difficile à établir avec précision et à l’instar de Hong Kong en Asie, il semblerait que le Costa Rica soit aujourd’hui devenu une plaque tournante régionale du commerce d’ailerons de requin. Manque de clarté et évolution des codes douaniers (différenciation entre aileron sec vs. aileron frais, modification des systèmes de classification, …), imprécisions des données (chair de requin simplement enregistrée comme « poisson », volumes comptabilisés plusieurs fois), absence d’évaluation de certaines pêcheries artisanales et pêche illégale : les difficultés qui s’opposent à l’estimation rigoureuse du commerce international des ailerons et de la viande de requin sont nombreuses. La consommation domestique est également très difficile à estimer et s’est révélée particulièrement problématique pour des pays comme la Nouvelle-Zélande, le Panama, le Japon et la Chine. Les évaluations suivantes sont donc à considérer avec précaution.

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En 2011, les douze pays qui pêchent le plus de chondrichtyens sont : 1/ L’Indonésie (103 000 tonnes) 2/ L’Inde (74 000 tonnes) 3/ L’Espagne (89 000 tonnes) 4/ Taïwan (43 000 tonnes) 5/ L’Argentine (36 000 tonnes) 6/ Le Mexique (34 000 tonnes) 7/ Les États-Unis (32 000 tonnes) 8/ Le Pakistan (27 000 tonnes) 9/ La Malaisie (23 000 tonnes) 10/ Le Japon (22 000 tonnes) 11/ Le Brésil (21 000 tonnes) 12/ La France (21 000 tonnes)

Sans doute influencés par les mesures qui interdisent l’import d’espèces sujettes à de fort taux de concentration de mercure, la France, l’Italie et les États-Unis ont tendance à préférer les petites espèces de requin telles que la roussette. En Amérique Latine, en Amérique centrale ainsi qu’en Asie, les consommateurs privilégient les plus grosses espèces. D’après la FAO, le marché traditionnel devrait rester relativement stable et être plutôt marqué par l’émergence de nouveaux marchés tels que le Brésil, devenu en 2011 le premier importateur de viande de requin au niveau mondial. Historiquement, Hong Kong a toujours été reconnue comme étant la plus importante plate-forme de commerce d’ailerons de requin au niveau mondial. L’île a ainsi servi d’indicateur de ce secteur pendant de nombreuses années. Cependant, les choses changent et le commerce d’ailerons à Hong Kong s’est récemment écroulé. Plusieurs facteurs sont en cause : – l’augmentation des captures de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution d’imports via Hong Kong) – la mise en place de nouvelles régulations concernant les dépenses des officiels chinois (le Parti Communiste a par exemple renoncé à servir de la soupe d’ailerons lors de ses banquets)  – l’augmentation de la surveillance et de la régulation de l’aileronnage  – les changements de dynamique de marché suite à l’entrée de la Chine au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001 (nouveaux accords, mesures d’interdictions et de contrôle, etc.) – la crainte élevée des consommateurs de tomber sur de faux produits d’ailerons de requin (et donc diminution de leur consommation) – la prise de conscience environnementale croissante des consommateurs. Plus étonnant encore : la Thaïlande a aujourd’hui surpassé Hong Kong en termes d’exports d’ailerons de requin. Ses principaux partenaires commerciaux sont le Japon et la Malaisie, probablement tous deux dans le Top 4 des exportateurs mondiaux. Hong Kong reste néanmoins la plus large plate-forme de commerce d’ailerons dans son ensemble ainsi que l’un des plus importants foyers de consommation (la Chine étant le principal). Les requins côtiers les plus petits sont particulièrement visés pour leur chair qui contient généralement moins de contaminants, tandis que les requins pélagiques (qui vivent au large) tels que le requin bleu ou « peau bleue » sont d’avantage capturés pour leurs ailerons ou transformés en boulettes de poisson et en bâtons de surimi de basse qualité. D’autres requins pélagiques comme les requins à pointes blanches océaniques (ou requins longimane) et les requins-marteaux sont également très appréciés pour leurs ailerons. Enfin, les requins-hâ et mako sont principalement ciblés pour leur viande. Les raies sont quand à elles principalement consommées en Corée, placée au second rang mondial en termes d’imports de viande de chondrichtyens toutes espèces confondues (imports composés à 85% d’espèces de raies).

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Qu’en est-il de l’Europe ?

France : La France est une grande consommatrice de viande de requin, qui provient à la fois de la production domestique et des importations ; elle se classe au 12e rang mondial en termes de captures avec 21 000 tonnes/an, dont 40% de raie et plus de la moitié (51%) de requins de la famille des squalidae (aiguillat commun – ou chien de mer -, roussette, émissole, …) ; elle se classe au 8e  rang mondial en termes d’importations (près de 4 000 tonnes/an ; 4% du volume mondial). Ses partenaires privilégiés sont les États-Unis (29% en volume), l’Espagne (16%), le Canada (15%) et, plus récemment, les Pays-Bas et le Vietnam ; la France exporte également des volumes relativement faibles de viande fraiche de requin, principalement vers l’Italie (73% de ses exports). L’Espagne est l’un des plus gros pêcheurs et exportateurs d’ailerons de requin au niveau mondial (quantité moyenne annuelle d’environ 3 500 tonnes pour une valeur de près de 58 millions de dollars US) et le 3e plus gros pêcheurs de requin après l’Indonésie et l’Inde. D’autres produits largement commercialisés au niveau mondial (mais moins que la viande et les ailerons de requin) n’ont pu être l’objet d’analyses approfondies au sein de cette étude de la FAO : c’est le cas du cartilage et de l’huile de foie de requin, mais aussi des branchies de raies manta et mobula.

En résumé : Le commerce de viande de requin montre une augmentation constante d’environ 4,5% par an depuis 2000. Difficile cependant de savoir dans quelle mesure l’amélioration de la précision des codes douaniers en est responsable ;

Le commerce d’ailerons de requin apparaît limité par le nombre de captures tandis que celui de la viande va probablement continuer de s’étendre du fait de l’utilisation croissante des carcasses ;

Le commerce d’ailerons via Hong Kong est en forte diminution. Plusieurs facteurs sont en cause, tels que l’augmentation de la capture domestiques de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution des imports) et la prise de conscience environnementale croissante de la population ;

De nouvelles données suggèrent que les marchés de Thaïlande, de Malaisie et du Japon, bien que focalisés sur les ailerons de petite taille et bons marchés sont maintenant parmi les plus importants au monde ;

Depuis 2012 plusieurs pays ont commencé à séparer les données commerciales entre les raies et les requins ;

Les nouveaux marchés de viande de requin tels que le Brésil, qui a multiplié ses imports par huit depuis l’an 2000, sont des moteurs importants de la croissance actuelle de ce marché ;

Des données complémentaires (tableaux et graphiques) sur le site de Bloom.

Référence complète du rapport FAO : Dent, F. & Clarke, S. 2015. State of the global market for shark products. FAO Fisheries and Aquaculture Technical Paper No. 590. Rome, FAO. 187 pp.

 

Cas particulier du requin-baleine

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Un rapport montre que la Chine s’obstine à chasser les derniers requins-baleines. Rhincodon typus, le plus grand poisson au monde est classé « vulnérable » sur la liste rouge de l’UICN et inscrit à l’annexe II de la CITES (permis d’exportation obligatoire).

Une enquête longue (4 ans) et minutieuse révèle que l’usine China Wenzhou Yueqing Marine Organisms Health Protection Foods Co Ltd, située à Puqi près de Wenzhou, traite plus de 600 requins-baleines par an. C’est l’un des plus grands massacres d’une espèce protégée au monde. Les ailerons géants sont séchés à Puqi et envoyés à Guangzhou, où ils sont vendus aux propriétaires de restaurants. Les peaux sont vendus comme cuir, les lèvres, l’estomac et la chair sont commercialisés comme « nourriture ». L’huile de foie est envoyée à une autre usine (Hainan Jiahua Marine Products Bio-Pharmaceutical Co Ltd) où elle est mélangée avec d’autres types d’huile pour être exportée sous de fausses appellations.

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Un requin-baleine peut rapporter jusqu’à 24000€ au bateau de pêche qui le ramène à quai. Les pêcheurs chinois écument les mers côtières chinoises mais vont jusqu’aux Philippines, en Indonésie et parfois même jusqu’au Mexique. Ce sont pourtant des pays où le tourisme de vision de ces sélaciens pourrait rapporter beaucoup plus : des dizaines de milliers de plongeurs ou de snorkeleurs sont prêts à payer plusieurs milliers d’euros pour nager avec des requins-baleines à Djibouti, aux Seychelles, aux Maldives, en Australie…ou au Mexique…

L’huile de foie est extraite pour l’industrie cosmétique, les acides gras oméga3 constituent des compléments alimentaires. Ces produits sont exportés vers les Etats-Unis, le Canada, la France et l’Italie en violation flagrante de la CITES.

Que fait, chez nous, la Répression des Fraudes ? L’analyse d’huiles suspectes à l’importation pourrait démontrer cette origine frauduleuse.

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Tout est ici:

http://wildliferisk.org/press-release/ChinaWhaleSharks-WLR-Report-ENG.pdf

 

Pollution en mer (et dans les fleuves)

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Les marées noires « chinoises » ont moins d’écho médiatique qu’en Occident et pour cause…

16 juillet 2010 (oui, l’été où une plate-forme a explosée dans le golfe du Mexique), explosion de deux oléoducs dans la zone de Dalian, dans l’est de la Chine. Rapidement les médias chinois ne sont plus autorisés à enquêter sur place, la zone est bouclée.

« Au mois de juillet encore, la pollution d’un fleuve par les déchets d’une mine de cuivre a tué plus de deux mille tonnes de poisson et quelques semaine plus tard sept mille barils de produits chimique étaient emportés par la crue du fleuve Songhua » (« Chine, le cauchemar écologique » de S. Le Belzic, 2012). Septembre 2013, cent tonnes de poissons morts sont retrouvés sur la rivière Fu (province du Huei), le coupable est une usine de produits chimiques qui a rejeté de l’ammoniaque directement dans la rivière. Le problème de la pollution des rivières en Chine est un problème immense, à l’échelle du pays : on compte vingt mille usines pétrochimiques à proximité de rivières et dix mille le long du seul fleuve Yangtsé et quatre mille près du fleuve jaune. Les inspections sont rares, la corruption endémique. Les médias officiels évaluent à plus de trente milliards de tonnes le volume de déchets, industriels et domestiques, déversés en 2006 dans le seul Chang-jiang. Il y aurait 1700 accidents chimiques conduisant à une pollution de l’eau chaque année et la Banque Mondiale estime à sept cent cinquante mille morts les décès dû à la pollution chaque année en Chine. On comprend la ruée vers Vancouver des nouveaux millionnaires chinois…

Disparition du dauphin du Yang Tsé

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Le dauphin du fleuve Yang Tsé ou baiji (Lipotes vexillifer) est, était, un animal d’eau douce, mais il est difficile de parler de la mer sans évoquer les fleuves tant les deux sont liés. L’animal a été officiellement déclaré disparu en 2006. Les causes de son extinction sont : la surpopulation sur les berges du fleuve, la surpêche qui a entraîné une diminution des stocks de poissons dont le baiji se nourrit et des captures de dauphins comme prises accessoires, la pollution chimique et sonore (« aveuglé » par le bruit des bateaux le dauphin remonte à la surface où il est souvent blessé par les hélices de navire), les barrages…En 1974, six baijis furent tués par les explosions lors de l’entretien d’un canal de navigation. Pour donner une idée du trafic sur le fleuve, en 2006, sur 1669 kms, entre Yichang et Shangaï, l’expédition qui a recherché les derniers baijis a recensé 19830 gros navires (plus d’un tous les cent mètres).

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