Phare d’Eckmühl nous éclaire…

thon_blanc_a_l_huile_d_olive[1]

engagement-3[1]

 

« Phare d’Eckmühl » ce sont des conserves de produits de la mer trouvées uniquement dans les magasins bio. Marque éco-responsable régulièrement bien classée par Greenpeace pour ses boites de thon. Essayons d’en savoir un peu plus avec Véronique Paulet, chef de produit de la marque.
mai 2016 bis

Bonjour Véronique,

Pourriez vous vous présenter en quelques mots ainsi que l’entreprise pour laquelle vous travaillez?

(pourriez vous résumer succinctement les rapports entre Phare d’Eckmühl/Le Connétable/ Chancerelle)?

L’entreprise Chancerelle est la plus ancienne conserverie de sardines encore en activité, elle a été créé en 1853. Sa marque la plus connue est la marque Connétable , conserves de poissons premiums vendues en grande distribution. Connétable est avant tout connue pour ses sardines préparées à l’ancienne, mais aussi pour ses sardines Label rouge. Fort de cette expérience dans la qualité, nous avons évolué naturellement vers le bio vers la fin des années 90. Début 2011 nous avons lancé la première conserve de poisson portant le logo AB, une conserve de truite aux 3 huiles, et ainsi est née la marque Phare d’Eckmühl. Les conserves Phare d’Eckmühl s’adressent à des consommateurs soucieux de leur santé et de la préservation de l’environnement. Dans ces conserves nous avons fait le choix, dès la création de la marque,  de rechercher les techniques de pêche les plus respectueuses de la biodiversité marine.

Me concernant , je travaille pour la marque Phare d’Eckmühl depuis 2005. Le marché était très jeune je gérais donc le marketing et le commercial ; depuis 2007 l’équipe s’est renforcée nous sommes passés à 5, et je suis désormais Chef de produit c’est-à-dire que je travaille autour de la marque et des nouveaux produits.

« Vous même appartenez à la famille des créateurs de la conserverie?

On a donc 2 marques et une conserverie, est-ce que ça ne pose pas de problème de traçabilité? Comment ça se passe en pratique : il y a une séparation physique dans la conserverie ou bien des jours réservés à Phare d’Eckmuhl (PE)? »

Oui je suis une Chancerelle, nous sommes 3 cousins à y travailler. L’entreprise appartient toujours totalement et exclusivement à la famille Chancerelle.

Concernant la traçabilité, nous sommes à la pointe au niveau technologique. Chaque lot de poisson est enregistré et codifié à son arrivée à la conserverie et sera suivi tout au long du processus de fabrication. Ainsi nous savons à chaque instant quel poisson est dans quelle boite. De plus, effectivement, nous travaillons en général à la journée de production, d’autant que, pour Phare d’Eckmühl, le bain de friture de nos sardines est à l’huile de tournesol bio il faut donc nettoyer entièrement la ligne et vider la totalité du bain d’huile, donc en général quand la conserverie fabrique des sardines Phare d’Eckmühl elle en fait plusieurs d’affilé.

 

thon-albacore4[1]

« La marque PE a surtout été connue du grand public par le classement Greenpeace des boites de thon « écoresponsables ». En 2015 vous êtes deuxième, vous étiez premier en 2014, je crois, à cause du choix de l’origine de votre thon albacore, maintenant en provenance de l’Océan Atlantique (avant de l’Océan Indien), où il est surexploité…Deuxième, c’est déjà très bien! Est-ce que vous pouvez détailler un peu comment vous choisissez l’origine de vos thons, les bateaux, les méthodes de pêche? Peut-on vraiment aujourd’hui pêcher de grosses quantités de thons sans utiliser les Dispositifs à Concentration de Poissons (DCP, pour des précisions voir ici)

La marque Phare d’Eckmühl est présente dans 80% des magasins bio et cela bien avant la parution du classement de Greenpeace.  Ce classement nous a donné une visibilité nationale mais n’a pas réellement d’impact sur nos ventes. Nous avons reculé dans le classement essentiellement car Greenpeace souhaite voir privilégier les achats en thon listao , or nous n’en fabriquons pas actuellement. Concernant notre politique d’achat nous avons une liste de critères à prendre en compte pour chaque espèce de poisson. L’an passé nous avons partagé notre politique d’achat avec nos clients et les ONG, puis avec les consommateurs http://www.pharedeckmuhl.com/fr/nos-engagements/politique_achat

Ces critères varient suivant le type de poissons et sont assez complexes à articuler. Quelques critères : la méthode de pêche, le lieu de pêche, les espèces de poissons, la qualité de la réfrigération à bord, la traçabilité du bateau, des critères sociaux, des listes noires de bateaux ou d’armements, de pays…

Pour l’ensemble de l’entreprise Chancerelle 100%  de nos achats de thon entier sont issus de pêche sans DCP. Pour la marque Phare d’Eckmühl nous achetons uniquement des thons  pêchés soit  à la ligne soit à la canne, type  de pêche pratiquée au large du Sénégal, vous pouvez voir une vidéo réalisé pour Thalassa : http://www.pharedeckmuhl.com/fr/actualites/la-peche-la-canne, et également du « pole and line ».

Pour votre dernière question : oui,  on peut s’approvisionner en grande quantité avec  des techniques de pêche n’utilisant pas de DCP, il existe des pêche à la senne sans DCP également.

 

engagement-1[1]

« Sur vos documents on peut lire « pas de pêche au chalut », pourtant les morues dont proviennent vos foies sont pêchées au chalut, non?

Avec le numéro de lot d’une boite de thon on peut remonter, par un sms de votre part, au nom du navire, par exemple « Bountiful », ensuite, peut-on en savoir plus et comment : pavillon du navire, zone de pêche, techniques de pêche…? »

Pouvez-vous préciser sur quel document avez-vous lu « pas de pêche au chalut » ? De manière générale les méthodes de pêches sont choisies en fonction des espèces pêchées et des lieux de pêche. En ce qui concerne le chalut il en existe de différents types, une chose est sûre, on s’est interdit la pêche au chalut de hauts fonds ( sous les 800m), de plus, concernant le foie de morue nous nous fions à l’organisme Marine Stewardship Council MSC pour établir la durabilité de la ressource et de la méthode de pêche.

Concernant le thon, à partir du numéro de lot sur demande écrite ( courrier ou mail) nous pouvons fournir : la méthode de pêche, la zone de pêche, , le pavillon du ou des navires et le nom  d’un ensemble de bateaux concernant la pêche à la canne.

 

« OK, c’était page 14 de votre dossier de presse : « elles excluent le recours aux chaluts de fond… »

Concernant MSC, c’est vrai que c’est un progrès par rapport à avant où il n’y avait rien, cependant, avez vous des critiques vis à vis de ce label? »

En tant que consommatrice, je trouve vraiment important d’avoir des labels positifs qui soutiennent des pêcheries et proposent ainsi des produits durables, en tant qu’entreprise le label pouvant être retiré à n’importe quelle moment aux pêcheries ou presque,  nous prenons un risque  en apposant le label sur nos produits. En ce qui concerne leurs méthodes d’investigation je n’ai pas de remarques particulières.

 

tracabilite[1]

 « …d’autant que vos produits, que j’ai testés, sont excellents!

Un mot sur le saumon. Les gens ont du mal à comprendre qu’un poisson, même d’élevage, puisse être Bio : – des alevins Bio, ça veut dire qu’ils viennent d’un élevage bio? – une alimentation sans OGM, je suppose à un taux inférieur à 0,5%, c’est ça? sans farine animale, avec céréales bio et « poissons de haute mer ». Vous pouvez nous donner des détails sur ces poissons? – une densité de poissons jusqu’à 6 fois inférieure aux élevages conventionnels, OK – pas de stimulateur de croissance, additif médicamenteux, colorant chimique, stimulateur d’appétit, hormone de synthèse, OK, mais qu’en est-il de l’éthoxyquine utilisé pour empêcher l’oxydation des farines et huiles de poissons issues de la pêche minotière (qui servent à nourrir les saumons d’élevage)? – interdiction de suroxygéner les poissons, OK – comment la qualité de l’eau est-elle mesurée? Pourquoi ne pas choisir un saumon sauvage du Pacifique MSC? »

Merci pour nos produits. Je vais d’abord répondre à votre dernière question: pourquoi pas du saumon MSC? C’est une question que l’on se repose régulièrement! Disons que tant qu’il existe près de chez nous du saumon d’aquaculture bio je pense que pour l’environnement c’est le meilleur choix. Quand il n’existe pas de ressources durables près de chez nous il faut mieux aller chercher du poisson MSC. Concernant les élevages: C’est zéro OGM demandé dans le règlement européen. Des alevins effectivement provenant d’élevage bio, une dérogation temporaire avait été apportée au commencement des premiers élevages. Et la qualité est contrôlée par des services indépendants, je ne connais pas la fréquence de ces contrôles. Les élevages terrestres doivent toujours être en amont des élevages conventionnels et de toutes activités industrielles. Au sujet de l’éthoxyquine, il s’avère que cette molécule n’est pas autorisée en Bio selon Règlement 889/2008. Nous commercialisons très peu de poissons issus de l’aquaculture, nous faisons confiance aux producteurs. Par conséquent je n’ai pas de données spécifiques liées aux farines de poissons utilisées en aquaculture. Cependant je peux vous dire que nous vendons les têtes et les déchets de poissons sauvages à des entreprises qui réalisent des farines de poissons.

Publié dans Consommation, Economie, Saumon, Surpêche, Thon | Laisser un commentaire

La Chine et la mer

flag-china-XL[1] 

La Chine puissance maritime mondiale ?

En décembre 2015, lors du sommet Chine-Afrique de Johannesburg, s’est décidée l’installation, à Djibouti, de la première base navale chinoise à l’étranger. L’intention de Pékin est d’assurer la sécurité de ses lignes d’approvisionnement et sa présence effective sur tous les océans. Surtout l’océan Indien, que la Chine a encerclé de points d’appui appelés « colliers de perles » par les marins.

F201209140909542675232375[1]

La Marine chinoise en chiffres

260 000 soldats

1 Porte-avions, 17 Destroyers, 54 Frégates, 70 Sous-marins, 223 Corvettes, patrouilleurs, 53 Chasseurs de mines, 241 Bâtiments amphibie, 332 avions, 103 Hélicoptères

 

Velléités impérialistes en Mer de Chine Méridionale

 chine-monde_122014_07[1]

Cette carte présente la fameuse « ligne en neuf traits », qui délimite la zone sous souveraineté chinoise selon Pékin. Elle donne l’impression que l’Empire du Milieu considère la mer de Chine méridionale comme zone maritime intérieure. Très discutables du point de vue de la juridiction internationale, ces fameuses lignes de démarcation demeurent un mystère aux yeux de nombreux observateurs, car, pour justifier leur existence, la Chine en appelle à des sources historiques qu’elle est la seule à connaître.

Les côtes de la mer de Chine méridionale ont été l’objet de conflits millénaires. Désormais, il s’agit de la mer elle-même. Les revendications de la Chine se heurtent à celles des pays riverains : les Philippines, le Vietnam, Brunei, Taïwan, la Malaisie et l’Indonésie. C’est en outre dans cette région que deux grandes puissances, la Chine et les États-Unis, se confrontent directement. Les enjeux du conflit sont extrêmement complexes. Il s’agit de la suprématie de la Chine, ainsi que de ses revendications territoriales dans la région, face aux États-Unis et à ses alliés. Le poisson y représente un autre enjeu, tout comme le pétrole et le gaz. Selon les estimations de l’Institut américain USGS, publiées en 2012, la mer de Chine méridionale renfermerait l’équivalent de 12 milliards de barils de pétrole.

La Mer de Chine Méridionale est ainsi, sans doute, actuellement, le point le plus « chaud » de la planète. L’endroit de la planète où risque le plus d’éclater un conflit mondial. Les incidents entre les Etats-Unis et la Chine dans cette région du monde se multiplient. Le dernier le 7 juin quand un avion de reconnaissance américain a été intercepté « de façon dangereuse » par un appareil chinois au-dessus de la mer de Chine orientale. Pour paraphraser Guy Sorman « qui contrôle les îles Paracels contrôle le monde » car il y transite un tiers du commerce mondial. Pour l’instant, le gendarme c’est la VIIe Flotte américaine, sans elle la mer de Chine serait un champs de bataille. Xi Jinping, le numéro un chinois, souhaite transformer cette mer en « lac chinois » dont sa marine deviendrait le seul gardien. Pour l’instant il applique la méthode du grignotage par les extrémités : la marine chinois s’empare des îlots des Paracels un par un, en étend la surface, y édifie pistes d’atterrissage et bases de missiles.

p012-4_434275_large[1]

En droit de la mer, une terre émergée n’est considérée comme une île qu’à partir du moment où elle est adaptée à la vie humaine, sans approvisionnement extérieur. Cette définition peut faire l’objet d’interprétations diverses. Si la Chine parvenait à transformer les nombreuses petits traits qui émaillent la carte en véritables îles, elle créerait du même coup leurs propres eaux territoriales, leurs zones commerciales exclusives – et étendrait même, sous certaines conditions, son plateau continental. En s’octroyant toutes les ressources qui vont avec. La mer de Chine se ferme au sud. Au nord, Pékin tente de séduire Séoul en lui offrant la réunification des deux Corées en échange de leur neutralisation. Les autres riverains, à l’instigation des Américains, adoptent une stratégie de « containment », un arc de cercle antimissile et un système d’alliances qui va du Japon à l’Inde.

Chine et surpêche

Banc de carangues gros-yeux, île Coco

Les statistiques de pêche de la FAO sont basées sur les déclarations de chaque pays. Watson et Pauly, deux chercheurs en ressources halieutiques, étaient très étonnés des déclarations de la Chine, qui révélaient, entre 1980 et 1998, une croissance quasi exponentielle alors que les autres pêcheries mondiales commençaient à stagner. Les pêcheries chinoises progressaient de 3 à 15 millions de tonnes alors que généralement les pays ont plutôt tendance à sous-évaluer les débarquements de poissons auprès de la FAO. En 2001, les deux chercheurs jettent un pavé dans la mare en publiant dans Nature un article où ils démontrent que la Chine fournit des déclarations de captures irréalistes et sans fondement. Les valeurs recalculées, en tenant compte des caractéristiques environnementales et océanographiques, montrent que la Chine ne pêche plus que 5,5 millions de tonnes au lieu des 10,1 millions annoncées. Dans l’économie socialiste chinoise le mot d’ordre était d’accroître la production halieutique au même titre que que les productions agricoles. Entre 1987 et 1999 la décroissance des prises mondiales apparût alors au grand jour.

Menace sur les requins de la planète

Scan-150612-0010

L’Empire du Milieu est en partie responsable de l’effondrement des populations de tigres (pour sa pharmacopée), de celles d’éléphants (pour les objets en ivoire), ainsi que de celles de rhinocéros (pour la pharmacopée). Qu’en est-il des requins?

Scan-150612-0002

EXTRAIT DU RAPPORT FAO 2015

traduit par Bloom

Le commerce mondial des requins et des raies avoisine le milliard de dollars par an (900 millions d’euros). Nos connaissances sur ce marché sont pourtant extrêmement limitées. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié l’an dernier un rapport sur les deux produits de chondrichtyens (poissons cartilagineux : requins, raies et chimères) les plus commercialisés dans le monde : la viande et les ailerons de requin.

Les ailerons de requins sont des produits de luxe vendus principalement sur le marché asiatique. Ils servent notamment à la confection de soupes d’ailerons, consommées traditionnellement dans les mariages chinois et hongkongais. À cause de ce marché extrêmement lucratif, les pêcheurs de requins ont pris l’habitude de pratiquer l’aileronnage ou finning en anglais. Cette pratique consiste à découper les ailerons des requins ou des raies capturés avant de les rejeter par dessus bord (sans aucune chance de survie, donc). Cela permet aux producteurs de gagner de la place sur leur bateau et de ramener ainsi de plus grands volumes d’ailerons, maximisant ainsi leur chiffre d’affaire.

shark-survival-human-greed_120712[1]

Dans de nombreux pays, cette pratique est de plus en plus régulée et contrôlée. Ainsi, le commerce d’ailerons a légèrement diminué depuis l’année 2000. L’aileronnage a été interdit en Europe en 2013, obligeant les pêcheurs à débarquer et donc à valoriser l’ensemble du requin ou de la raie pêché. Cet encadrement croissant de l’aileronnage a conduit à une expansion du commerce de viande de requin, à tel point que l’on peut aujourd’hui parler d’un véritable marché mondial du requin : toutes les flottes industrielles et artisanales approvisionnent le marché asiatique en ailerons, tandis que la viande est envoyée vers des canaux d’approvisionnement du monde entier pour répondre à une demande en pleine croissance et poussée par des pays comme le Brésil. Cette expansion du commerce de la viande de chondrichtyen a amené les pêcheurs à considérer les requins comme de véritables cibles commerciales, alors qu’ils étaient principalement pêchées de manière « accidentelle » jusqu’à maintenant. Les données FAO de 2011 montrent que le commerce de la viande de requins a augmenté de 42% en volume depuis les années 2000. À cause de cet accroissement de la pression de pêche sur ces espèces sensibles (durée de vie importante, reproduction tardive, petites portées, …), il est donc essentiel de continuer les efforts pour maintenir et développer des systèmes de contrôle et de régulation de leur commerce, et ce malgré le succès des campagnes anti-aileronnage.

LWvmiKAHInlucLy-556x313-noPad[1]

Les principaux consommateurs d’ailerons sont la Chine, Hong Kong, Taïwan, Singapour, la Malaisie et le Vietnam tandis que les plus gros consommateurs de viande de requin se trouvent en Europe (Italie, Espagne) et en Amérique Latine (Brésil, Uruguay). La Corée du Sud est quant elle la plus grande importatrice de viande de raie. Ce sont chaque année près de 17 000 tonnes d’ailerons qui sont importées dans le monde, pour une valeur de 380 millions de dollars (345 millions d’euros). En ce qui concerne la viande, près de 110 000 tonnes sont importées en moyenne chaque année, pour une valeur de 240 millions de dollars (218 millions d’euros). Les principaux « producteurs » d’ailerons (ceux qui capturent les requins pour en exporter les ailerons) sont l’Espagne, l’Indonésie, Taïwan ainsi que le Japon. D’autres pays sont engagés dans ce commerce mais sous des formes différentes : les Émirats Arabes Unis sont des traders d’ailerons, c’est-à-dire qu’ils les achètent puis les revendent mais ne pêchent pas, tandis que la Chine les transforme avant de les revendre. Bien que son rôle soit difficile à établir avec précision et à l’instar de Hong Kong en Asie, il semblerait que le Costa Rica soit aujourd’hui devenu une plaque tournante régionale du commerce d’ailerons de requin. Manque de clarté et évolution des codes douaniers (différenciation entre aileron sec vs. aileron frais, modification des systèmes de classification, …), imprécisions des données (chair de requin simplement enregistrée comme « poisson », volumes comptabilisés plusieurs fois), absence d’évaluation de certaines pêcheries artisanales et pêche illégale : les difficultés qui s’opposent à l’estimation rigoureuse du commerce international des ailerons et de la viande de requin sont nombreuses. La consommation domestique est également très difficile à estimer et s’est révélée particulièrement problématique pour des pays comme la Nouvelle-Zélande, le Panama, le Japon et la Chine. Les évaluations suivantes sont donc à considérer avec précaution.

NB10 

En 2011, les douze pays qui pêchent le plus de chondrichtyens sont : 1/ L’Indonésie (103 000 tonnes) 2/ L’Inde (74 000 tonnes) 3/ L’Espagne (89 000 tonnes) 4/ Taïwan (43 000 tonnes) 5/ L’Argentine (36 000 tonnes) 6/ Le Mexique (34 000 tonnes) 7/ Les États-Unis (32 000 tonnes) 8/ Le Pakistan (27 000 tonnes) 9/ La Malaisie (23 000 tonnes) 10/ Le Japon (22 000 tonnes) 11/ Le Brésil (21 000 tonnes) 12/ La France (21 000 tonnes)

Sans doute influencés par les mesures qui interdisent l’import d’espèces sujettes à de fort taux de concentration de mercure, la France, l’Italie et les États-Unis ont tendance à préférer les petites espèces de requin telles que la roussette. En Amérique Latine, en Amérique centrale ainsi qu’en Asie, les consommateurs privilégient les plus grosses espèces. D’après la FAO, le marché traditionnel devrait rester relativement stable et être plutôt marqué par l’émergence de nouveaux marchés tels que le Brésil, devenu en 2011 le premier importateur de viande de requin au niveau mondial. Historiquement, Hong Kong a toujours été reconnue comme étant la plus importante plate-forme de commerce d’ailerons de requin au niveau mondial. L’île a ainsi servi d’indicateur de ce secteur pendant de nombreuses années. Cependant, les choses changent et le commerce d’ailerons à Hong Kong s’est récemment écroulé. Plusieurs facteurs sont en cause : – l’augmentation des captures de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution d’imports via Hong Kong) – la mise en place de nouvelles régulations concernant les dépenses des officiels chinois (le Parti Communiste a par exemple renoncé à servir de la soupe d’ailerons lors de ses banquets)  – l’augmentation de la surveillance et de la régulation de l’aileronnage  – les changements de dynamique de marché suite à l’entrée de la Chine au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001 (nouveaux accords, mesures d’interdictions et de contrôle, etc.) – la crainte élevée des consommateurs de tomber sur de faux produits d’ailerons de requin (et donc diminution de leur consommation) – la prise de conscience environnementale croissante des consommateurs. Plus étonnant encore : la Thaïlande a aujourd’hui surpassé Hong Kong en termes d’exports d’ailerons de requin. Ses principaux partenaires commerciaux sont le Japon et la Malaisie, probablement tous deux dans le Top 4 des exportateurs mondiaux. Hong Kong reste néanmoins la plus large plate-forme de commerce d’ailerons dans son ensemble ainsi que l’un des plus importants foyers de consommation (la Chine étant le principal). Les requins côtiers les plus petits sont particulièrement visés pour leur chair qui contient généralement moins de contaminants, tandis que les requins pélagiques (qui vivent au large) tels que le requin bleu ou « peau bleue » sont d’avantage capturés pour leurs ailerons ou transformés en boulettes de poisson et en bâtons de surimi de basse qualité. D’autres requins pélagiques comme les requins à pointes blanches océaniques (ou requins longimane) et les requins-marteaux sont également très appréciés pour leurs ailerons. Enfin, les requins-hâ et mako sont principalement ciblés pour leur viande. Les raies sont quand à elles principalement consommées en Corée, placée au second rang mondial en termes d’imports de viande de chondrichtyens toutes espèces confondues (imports composés à 85% d’espèces de raies).

Scan-150612-0006

Quand est-il de l’Europe ?

France : La France est une grande consommatrice de viande de requin, qui provient à la fois de la production domestique et des importations ; elle se classe au 12e rang mondial en termes de captures avec 21 000 tonnes/an, dont 40% de raie et plus de la moitié (51%) de requins de la famille des squalidae (aiguillat commun – ou chien de mer -, roussette, émissole, …) ; elle se classe au 8e  rang mondial en termes d’importations (près de 4 000 tonnes/an ; 4% du volume mondial). Ses partenaires privilégiés sont les États-Unis (29% en volume), l’Espagne (16%), le Canada (15%) et, plus récemment, les Pays-Bas et le Vietnam ; la France exporte également des volumes relativement faibles de viande fraiche de requin, principalement vers l’Italie (73% de ses exports). L’Espagne est l’un des plus gros pêcheurs et exportateurs d’ailerons de requin au niveau mondial (quantité moyenne annuelle d’environ 3 500 tonnes pour une valeur de près de 58 millions de dollars US) et le 3e plus gros pêcheurs de requin après l’Indonésie et l’Inde. D’autres produits largement commercialisés au niveau mondial (mais moins que la viande et les ailerons de requin) n’ont pu être l’objet d’analyses approfondies au sein de cette étude de la FAO : c’est le cas du cartilage et de l’huile de foie de requin, mais aussi des branchies de raies manta et mobula.

En résumé : Le commerce de viande de requin montre une augmentation constante d’environ 4,5% par an depuis 2000. Difficile cependant de savoir dans quelle mesure l’amélioration de la précision des codes douaniers en est responsable ;

Le commerce d’ailerons de requin apparaît limité par le nombre de captures tandis que celui de la viande va probablement continuer de s’étendre du fait de l’utilisation croissante des carcasses ;

Le commerce d’ailerons via Hong Kong est en forte diminution. Plusieurs facteurs sont en cause, tels que l’augmentation de la capture domestiques de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution des imports) et la prise de conscience environnementale croissante de la population ;

De nouvelles données suggèrent que les marchés de Thaïlande, de Malaisie et du Japon, bien que focalisés sur les ailerons de petite taille et bons marchés sont maintenant parmi les plus importants au monde ;

Depuis 2012 plusieurs pays ont commencé à séparer les données commerciales entre les raies et les requins ;

Les nouveaux marchés de viande de requin tels que le Brésil, qui a multiplié ses imports par huit depuis l’an 2000, sont des moteurs importants de la croissance actuelle de ce marché ;

Des données complémentaires (tableaux et graphiques) sur le site de Bloom.

Référence complète du rapport FAO : Dent, F. & Clarke, S. 2015. State of the global market for shark products. FAO Fisheries and Aquaculture Technical Paper No. 590. Rome, FAO. 187 pp.

 

Cas particulier du requin-baleine

thWTF50MV9

Un rapport montre que la Chine s’obstine à chasser les derniers requins-baleines. Rhincodon typus, le plus grand poisson au monde est classé « vulnérable » sur la liste rouge de l’UICN et inscrit à l’annexe II de la CITES (permis d’exportation obligatoire).

Une enquête longue (4 ans) et minutieuse révèle que l’usine China Wenzhou Yueqing Marine Organisms Health Protection Foods Co Ltd, située à Puqi près de Wenzhou, traite plus de 600 requins-baleines par an. C’est l’un des plus grands massacres d’une espèce protégée au monde. Les ailerons géants sont séchés à Puqi et envoyés à Guangzhou, où ils sont vendus aux propriétaires de restaurants. Les peaux sont vendus comme cuir, les lèvres, l’estomac et la chair sont commercialisés comme « nourriture ». L’huile de foie est envoyée à une autre usine (Hainan Jiahua Marine Products Bio-Pharmaceutical Co Ltd) où elle est mélangée avec d’autres types d’huile pour être exportée sous de fausses appellations.

Peche-Requin-baleine-1050x606[1]

Un requin-baleine peut rapporter jusqu’à 24000€ au bateau de pêche qui le ramène à quai. Les pêcheurs chinois écument les mers côtières chinoises mais vont jusqu’aux Philippines, en Indonésie et parfois même jusqu’au Mexique. Ce sont pourtant des pays où le tourisme de vision de ces sélaciens pourrait rapporter beaucoup plus : des dizaines de milliers de plongeurs ou de snorkeleurs sont prêts à payer plusieurs milliers d’euros pour nager avec des requins-baleines à Djibouti, aux Seychelles, aux Maldives, en Australie…ou au Mexique…

L’huile de foie est extraite pour l’industrie cosmétique, les acides gras oméga3 constituent des compléments alimentaires. Ces produits sont exportés vers les Etats-Unis, le Canada, la France et l’Italie en violation flagrante de la CITES.

Que fait, chez nous, la Répression des Fraudes ? L’analyse d’huiles suspectes à l’importation pourrait démontrer cette origine frauduleuse.

requin-baleine-de-6m-en-chine_1222158921[1]

Tout est ici:

http://wildliferisk.org/press-release/ChinaWhaleSharks-WLR-Report-ENG.pdf

 

Pollution en mer (et dans les fleuves)

thWBULK5BD

Les marées noires « chinoises » ont moins d’écho médiatique qu’en Occident et pour cause…

16 juillet 2010 (oui, l’été où une plate-forme a explosée dans le golfe du Mexique), explosion de deux oléoducs dans la zone de Dalian, dans l’est de la Chine. Rapidement les médias chinois ne sont plus autorisés à enquêter sur place, la zone est bouclée.

« Au mois de juillet encore, la pollution d’un fleuve par les déchets d’une mine de cuivre a tué plus de deux mille tonnes de poisson et quelques semaine plus tard sept mille barils de produits chimique étaient emportés par la crue du fleuve Songhua » (« Chine, le cauchemar écologique » de S. Le Belzic, 2012). Septembre 2013, cent tonnes de poissons morts sont retrouvés sur la rivière Fu (province du Huei), le coupable est une usine de produits chimiques qui a rejeté de l’ammoniaque directement dans la rivière. Le problème de la pollution des rivières en Chine est un problème immense, à l’échelle du pays : on compte vingt mille usines pétrochimiques à proximité de rivières et dix mille le long du seul fleuve Yangtsé et quatre mille près du fleuve jaune. Les inspections sont rares, la corruption endémique. Les médias officiels évaluent à plus de trente milliards de tonnes le volume de déchets, industriels et domestiques, déversés en 2006 dans le seul Chang-jiang. Il y aurait 1700 accidents chimiques conduisant à une pollution de l’eau chaque année et la Banque Mondiale estime à sept cent cinquante mille morts les décès dû à la pollution chaque année en Chine. On comprend la ruée vers Vancouver des nouveaux millionnaires chinois…

Disparition du dauphin du Yang Tsé

yangtze_river_dolphin_baiji_xiaoqiang_wang[1]

Le dauphin du fleuve Yang Tsé ou baiji (Lipotes vexillifer) est, était, un animal d’eau douce, mais il est difficile de parler de la mer sans évoquer les fleuves tant les deux sont liés. L’animal a été officiellement déclaré disparu en 2006. Les causes de son extinction sont : la surpopulation sur les berges du fleuve, la surpêche qui a entraîné une diminution des stocks de poissons dont le baiji se nourrit et des captures de dauphins comme prises accessoires, la pollution chimique et sonore (« aveuglé » par le bruit des bateaux le dauphin remonte à la surface où il est souvent blessé par les hélices de navire), les barrages…En 1974, six baijis furent tués par les explosions lors de l’entretien d’un canal de navigation. Pour donner une idée du trafic sur le fleuve, en 2006, sur 1669 kms, entre Yichang et Shangaï, l’expédition qui a recherché les derniers baijis a recensé 19830 gros navires (plus d’un tous les cent mètres).

Publié dans Asie, Chine, Conflits, Dauphins, Non classé, Pollution, Requins, Surpêche | 1 commentaire

La mouche et le carbone bleu

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Peut-on (doit-on) donner un prix à la Nature ?

Soit Rhaphiomidas terminatus abdominalis, une mouche des sables de Californie. Elle est rarissime. Pour la protéger les autorités ont déclaré inconstructibles des centaines d’hectares, près de la ville de Colton ; certains appartiennent à Vulcan Materials Company (société de production d’agrégats de construction). Si une société veut quand même s’installer sur le territoire de la mouche elle peut le faire en compensant son impact. Par exemple, si une entreprise a besoin de 3 hectares, elle peut y être autorisée, si et seulement si, elle participe à la préservation de 3 autres hectares, un peu plus loin, pour que la mouche ait toujours un habitat. Sur les 130 hectares que Vulcan possède dans le coin, elle a créé une biobanque qui vend sur le marché des « titres mouche » d’un hectare. Quand une société veut s’installer à Colton, elle fait évaluer l’impact de son installation sur la mouche et, une fois le coût de cet impact estimé, en nombre d’hectares à compenser, elle peut poursuivre son implantation en achetant des « titres mouche » à la biobanque Vulcan, qui a déjà gagné ainsi 20 millions de dollars.

Voilà le principe, qui peut aussi s’appliquer à la mer pour la compensation carbone.

DSCN0207

 

Les écosystème marins côtiers comme les mangroves, les prairies d’herbes marines, les marais salants, stockent du carbone. Les projets dits de « carbone bleu » concernent généralement la conservation ou la restauration de mangroves. Le but est de limiter les émissions de carbone grâce à une incitation financière. Un inventaire de la quantité de carbone fixée par la mangrove est réalisé, ce qui permet de calculer la quantité de « crédits carbone » générés par sa protection ; l’acheteur de ces crédits aurait le droit de continuer à émettre la quantité de CO2 que le projet permet de stocker. Les gouvernements du Costa Rica, de Tanzanie, d’Indonésie et de l’Equateur ont déjà inclus les mangroves dans leurs politiques nationales « carbone bleu ». En France, Danone a restauré 4700 hectares de mangroves au Sénégal et a un projet en Inde qui génère entre 6 et 11 millions de tonnes de crédits carbone par an sur 23 ans. L’entreprise pourra utiliser ces crédits pour compenser ses émissions ou les revendre sur les marchés du carbone.

Jean Tirole, le prix Nobel d’économie, reconnaît qu’un vrai marché du carbone – avec un prix du carbone mondial autour de 50€ la tonne de CO2 – est la seule solution à la crise climatique. D’autres ne voient dans le carbone bleu qu’une nouvelle fausse solution qui renforce le pouvoir des marchés. Peut être, mais peut-on vraiment attendre la fin du capitalisme pour agir ?

« Prédation, Nature, le nouvel Eldorado de la finance ». S. Feydel et C. Bonneuil. Ed. La Découverte. 2015.

Publié dans Conservation, Economie | Laisser un commentaire

Sagesse de l’Immersion (2)

C’est gagné!

Merci à tous les contributeurs Ulule!

Couv A5

MERCI à:
Ganaelle Pasquette, Emmanuelle Georges, Planson Henri Pierre, Samuel Gerlach, Paul Oudot, Jeanne Claire Schnebelen, Arnaud Pidon, Cynthia Reichling, Claire Million, Jacques Lamothe, Fabrice Meunier, Frédéric Lechat, Will Lesdema, Jean Paul Ramon, Frédéric Fernandez, Gabriel Barathieu, Cathie Zion, Agnes Thomas, Pascale Lecornu-Bard, Christel Sanson, Jean-Claude Fend, Charlotte Fermand, Pascal Maurer, Michèle Maurer, Lauriane Martin, Dominique Resse, Marcel Patoulatchi, Celine Brethiot, Alex Bussenault, Jean-Yves Tourbin, Stephane Marchand-Maillet, Eric Normand, Jean-Pierre Braun, Romain Lamarche, Sebastien Caillet, Daniel Beaumont, Valerie Barbier-Cavenel, Elisabeth Bardes, Philippe Lecomte, Violaine Dolfo, Michel Braunstein, Claudine Pion, Michel Duchayne, Fabrice Drevon , David Rondeau, Armelle Denaix, Jean-François Monclin, Guillaume Calmettes, Gaelle Hirn, Ines Debbiche, Florian Labadie, Pascal Chauviere, Glugan, Véronique Verna Carlier, Florian Ransford, Stéphane Rochon, Dominique Ania, Catherine Bernardini, Steven Weinberg, Benjamin Pouponneau, Raphael Bouvier, Claude Ruff, Philippe Colleu, Nicolas Maurice, Violaine Moyne Bressand , Jean-Benoît Crumiere , Denis Pierre Guidot, Alexandra Cappellini, Corine Bendejacq, Pierre Ducret, Christian Poulies, Laurent Barreau, Florence Masse, Andre Moyo, Stephane Granzotto, Karin Vido, Bernard Lanneluc, Adrien Vitrolles, Dario Di Ilio, Carole, Jahn, Michel Péan, Laurent Orduna,Valérie Carré, Valérie Georgeon, Marie Schellenbaum, Laurent Le Louet, Denise Ruhlmann, Marie Cassal, Michel Lambinet, Ludovic David, Benjamin Guichard, Frank Bellaisch, Aure Séguier , Arlette Millasseau, Lucie Schnee, Christine Bossé, Hélène Gagnaire, Eric Mosele, Philippe Priac, Madeleine Teissier, Diana Crowell, Emmanuel Derrendinger, Alain Jaseron, Patrick Druet, Anne-Claire Heller, Thomas Anth, Benoît Noguerra, Candice Fitas, Claire Le Tulle, Thierry Dugernier, Nicole De Lomas, Clémentine Chevrier, Rui Pereira, Gregory Menart, Emmanuelle Camallonga, Véronique Ressouches, Philippe Young, Christel Dumont, Franck Verbeke, Karim Ben Osman, Kamel Benabid, L Poiraud, Mathieu Guilbert, Catherine De Beaufond, Isabelle Teissier Lossec, , Samuel Boirot, Denis Proton, Stephane Garcia, Bernard Lanau , Paule Bourgeat, Gilles Carmine, Olivier Brohart, Arnaud Quinchon, Luc Penin, Jean-François Le Moing, Thomas Nouret, Mathias Louiset, Daniel Beaureperre, Patrice Crété, Anne-Gaele Charillon, Jean-Pierre Giroudon, Philippe Senik, Jean-Yves Gauchet, Roger Travier, Adeline Demigneux, Anne Marie Vassart, Rollet Olivier,, Viviane Roere, Laurent Hubert, Cédric Beurtheret, Simon Deblock , Nadine Alexandre, Thierry Goder, Nathalie Bordai, Katia Giancola, Lucie Paris, Hubert Houillon, Renaud Cordelette, Daphné Gruois, Alexandre Vautey, Frédéric Delattre, Sophie Galy, Monique Bourdeil, Gilles Suc, André Ruoppolo, Balthasar Gillich, Herve Baille, Pierre Duvezin, Thibault Van Butsel, Isabelle Bruyere, Benoit Maugis, Francois Esperiquette, Jean-Bernard Mis, Vasken Artinian, Florence Groff, Driss Hanib, Artagnan Zilber, Sebastien Bougault, Georges Dassesse, Gérald Riviere, Tristan Simille, Cedric Peneau, Caroline Strauel, Jean-Marc Laudrin, Joël Malraison, Bernard Plan, Dominique Colletti, Corinne Bourbeillon, Beatrice Fitas, David Fernandez, Jean-Pierre Guerret, Julie Lefebvre, Charlene Fitas, Franck Lemaire, Thierry Vassart, Simon Armagnat, Sonia Wirth, Nadine Rolland, Estelle Vittuari, Michel Braunstein, Isabelle Larvoire, Francine Kessler, Claude Marty, Jean-Louis Loeuillard, Jean Philippe Nicolay, Laurence Gurruchategui, Jean-Paul Dupin, Pierre Bouffartigue, Corinne Dazin Lemaitre, Frederic Bauwens, Eric Lecroulant, Serge Dumont, Christian Duchambon, Herminio Gaspar, Lionel Houde, Francois Cetre , Robin Maltête , Patrice Jaffrézic , Alain Goléa, Marc Paolpi, Pascal Tomczyk, Jean Bourrel, Laurent Moizo, Joël Ferier, Delphine Gille, Francis Valbuena, Nadine Seguret Rime, Fabrice Guerin, Cédric Bruner…

Publié dans Communication, Conservation, Plongée sous-marine | Laisser un commentaire

Questions sur la pêche (1):

IMG_2581

Faut-il privatiser les ressources marines ?

Dans les années soixante l’instauration des Zones Economiques Exclusives (ZEE1) et des quotas n’a pas protégé les poissons mais favorisé la compétition entre pêcheurs ceux-ci se lançant dans une course effrénée vers le suréquipement pour capturer la plus grande proportion des captures autorisées (TAC = Total Admissible de capture). La restriction des méthodes et des engins, le raccourcissement de la saison de pêche, la fermeture de certaines zones, la limitation du nombre de bateaux n’ont pas eu plus de succès, les pêcheurs trouvant toujours une solution pour exploiter d’avantage la ressource. Si le nombre de bateaux est, par exemple, limité, ils utilisent des bateaux plus grands. Si la taille est restreinte, ils prennent des bateaux plus puissants. Pour limiter cette course aux poissons l’une des solutions c’est la privatisation de la ressource. Des droits de propriété sur la ressource sont accordés à des individus ou des communautés. On ne cherche plus à pêcher plus que son voisin mais à gérer son propre quota individuel (QI). L’Australie, l’Islande et la Nouvelle-Zélande ont adopté ce système dans les années 80. Les quotas sont achetables, vendables ou transférables (QIT). Aujourd’hui une vingtaine de pays utilise ce système qui favorise une pêche plus durable. Pour limiter les risques de monopole, en Alaska par exemple, aucun bateau, pour la pêche au flétan, ne peut détenir plus de 0,5% des captures totales. La mise en place et le contrôle de ce système sont onéreux.

LES QIP ou IFQ en anglais.

L’un des outils utilisés pour gérer les ressources halieutiques est l’IFQ (Individual Fishing Quotas = quotas de pêche individuels).

Comment ça marche ?

En Alaska, les pêcheurs de flétans, en s’inspirant du modèle néo-zélandais, se sont partagés, en pourcentage, le total de prises autorisées, plutôt qu’une certaine quantité de poissons.

Qu’est ce que ça a changé ?

Avant, des milliers de bateaux se ruaient sur les flétans pendant les 48 heures de l’ouverture, quelque soit le temps, jour et nuit ; des hommes étaient perdus en mer ; le matériel de pêche accroché au fond était abandonné et continuait à capturer, pour rien, des poissons pendant des années. Cette « pêche fantôme » a été réduite de 75% avec les IFQ. Maintenant la pêche dure 9 mois et les poissons sont vendus frais, ils sont de meilleure qualité pour les consommateurs et rapportent plus d’argent aux pêcheurs qui choisissent les meilleures conditions météo et économiques pour pêcher. Les pêcheurs deviennent plus des hommes d’affaire, adaptant leurs investissements à la taille de leur IFQ, plutôt que de se battre pour attraper le plus de poissons possibles. Ils s’inquiètent de la survie au long terme des populations de poissons et pas uniquement de leur prochaine campagne ; c’est un changement d’état d’esprit.

 

Qu’est-ce que l’approche écosystémique ?

C’est la prise en compte de l’ensemble des interactions biologiques au sein d’un écosystème pour la détermination des quotas de pêche : relations proies-prédateurs, compétitions inter-spécifiques pour l’accès à la nourriture, impact de la pêche sur les espèces non-ciblées, altération des fonds marins par les engins de pêche etc. Cette approche est appliquée, par exemple, en Australie, au Canada, aux Etats-Unis et en Antarctique.

Diminution de la surpêche : quels sont les meilleurs élèves ?

En 2009, quatre chercheurs ont publié dans Nature une analyse de la gestion des pêcheries dans 53 pays (96% des captures mondiales). Seuls six ont un score de conformité supérieur à 60% par rapport aux objectifs d’une pêche responsable : la Norvège, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, l’Islande et la Namibie. La France se classe seizième. Certains pays en développement comme la Malaisie, l’Afrique du Sud et la Namibie font mieux que des pays européens développés. Les Etats-Unis sont le seul pays à avoir formellement défini la surpêche et à voter des lois strictes l’interdisant (« Sustainable Fisheries Act ») : aujourd’hui deux-tiers des stocks sont exploités durablement (un stock sur cinq est encore surexploité).

En Europe, neuf stocks sur dix sont surpêchés, un tiers d’entre eux sont en dessous de la limite biologique de sécurité. Seuls certains stocks comme ceux de la plie, la sole, l’églefin, le merlan et le lieu noir se sont améliorés.

Au niveau mondial, l’un des problèmes majeurs est le déplacement des flottilles du Nord vers le Sud, conséquence délétère des efforts pour restaurer les stocks épuisés dans les pays développés.

Source : « De la pêche à l’aquaculture » de Fabrice Teletchea, 2016 Belin.

1La ZEE se prolonge jusqu’à 200 miles nautiques des côtes, elle confère aux états côtiers des droits souverains sur l’exploitation, la conservation et la gestion des ressources naturelles dans leur ZEE. Les ZEE recouvrent 40% de la surface des océans et contribuent à 85% des captures marines mondiales. La France possède, grâce à ses territoires d’Outre-Mer, la deuxième ZEE dans le monde, après celle des Etats-Unis.

Publié dans Conservation, Surpêche | Laisser un commentaire

Sagesse de l’immersion

C’est parti!

Couv A5

c’est ici

Publié dans Communication | Laisser un commentaire

déchets en mer (lac?) 3

Les plongeurs font partie de la solution!

Merci au Club Subaquatique du Léman!

IMG_20160402_102539

IMG_20160402_103215

IMG_20160402_103532*

IMG_20160402_101245

IMG_20160402_102352

IMG_20160402_095804

IMG_20160402_101454

Publié dans Plongée sous-marine, Pollution | Laisser un commentaire