Une histoire de la vaquita

 

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Le fleuve Colorado a mis 40 millions d’années à creuser son célèbre canyon mais, saigné par les Etats-Unis sur les 2200 kilomètres de son cours, il n’arrive plus à rallier son estuaire, il est épuisé, exhangue, il n’abreuve plus comme hier le Golfe de Californie, la Mer de Cortez au Mexique. L’agriculture dérive 80% des eaux fluviales, le reste est aspiré par les villes de Las Vegas, Tucson, Phoenix, Denver…
Au Mexique, le “Nil américain” n’est plus qu’un ruisseau.
Je ne sais pas pourquoi je vous le raconte car on n’a pas pu prouver que cela avait contribué à l’extinction de la vaquita. C’est plus fort que moi.
Parmi les millions d’américains du sud-ouest des Etats-Unis combien se posent la question de savoir s’ils ont moralement le droit d’accaparer une eau qui, historiquement, biologiquement, géologiquement revient au Mexique? Combien? Combien se la posent en dégustant leur côte de boeuf qui a necessité 16000 litres d’eau? Combien se la posent en faisant leur parcours de golf sur une pelouse irriguée en zone désertique? Combien?

Année 1958 :

Description scientifique de la vaquita par l’homme blanc occidental.
Des petits groupes de vaquitas sillonnent les eaux troubles du nord de la Mer de Cortez, elles sont à la recherche, par écholocation, des crustacés, des petits poissons et des céphalopodes qu’elles affectionnent.
Parfois une vaquita se prend dans le filet d’un pêcheur de totoaba, elle y meurt noyée.
Personne n’en veut directement à la vaquita.
Le totoaba est un très gros poisson dont les chinois – encore eux – sont friands : on prête à sa vessie natatoire des vertus médicinales.
La vaquita n’est qu’une prise accessoire, accidentelle, ça arrive parfois, personne n’est inquiet pour elle…pas encore…mais un système redoutable se met en place progressivement : les cartels mexicains font l’intermédiaire entre les pêcheurs mexicains pauvres d’un côté et les nouveaux riches chinois de l’autre.
Le totoaba a un surnom : “la cocaïne de la mer”.
Une étude de 2007 avait estimé qu’un investissement de 25 millions de $ dans la région pouvait sauver la vaquita. En 2019, un milliard d’euros ont été levé en 48 heures pour reconstruire Notre-Dame de Paris.
En 2000 le totoaba chinois disparait définitivement, victime de la surpêche. Les Chinois cherchent un substitut et jettent leur dévolu sur le totoaba mexicain (t macdonaldii) : la demande augmente, les prix au marché noir s’envolent…comme le braconnage des totoabas de la Mer de Cortez.
La population de vaquitas – prises accessoires de cette pêche – s’écroule : 600 en 1997 ; 10 en mars 2019.
La vaquita est une victime de la mondialisation triomphante.

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Perroquet à bosse : “le bison des récifs”

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“Chrok chrok chrok…” à moins que ce ne soit “ Qureuk qureuk qureuk…” je peine à me souvenir…Toujours est-il que la première rencontre avec un banc de perroquets à bosse broutant le corail laisse un souvenir mémorable. On ne s’entend plus et on se retrouve dans un nuage de sable. Les particules de squelette coralien lâchées par les dents des perroquets diminuent la limpidité de l’eau, un cauchemar de photographes.

Le perroquet à bosse mâle, comme la gélinotte, est territorial.
Lors de combats territoriaux les mâles prennent leur élan et se cognent violemment le crâne jusqu’à ce que l’un d’eux cède et finisse par s’éloigner (voir la vidéo). Comme les mouflons ou les bisons. Ce comportement, très rare sous l’eau parmi les poissons, n’a été observé qu’en 2012. Pourquoi seulement en 2012? Il est possible que la diminution de la population dûe à la surpêche ait rendu moins indispensable cette compétition, ces joutes territoriales.

 

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Résumons pourquoi ce poisson est exceptionnel :
c’est le seul représentant de son genre (Bolbometopon)
c’est un gros poisson, le plus grand poisson perroquet – il peut faire 1,5 mètre et peser 74 kgs – ; les adultes ont des bulbes frontaux à la Elephant Man.
c’est le seul poisson dont les mâles se battent à grands coups de chocs frontaux (voir la vidéo :https://www.youtube.com/watch?v=h0dk5PeEs_Q).
il est recouvert d’écailles, sauf au niveau du front, qui est souvent vert clair ou rose.
Il vit jusqu’à 40 ans, a un taux de reproduction et une croissance lentes.
Il est grégaire et on a pu observer des groupes de plus de 75 individus.
Sa reproduction est liée au cycle lunaire
un adulte ingère 5 tonnes de corail par an ; l’entendre “brouter” sous l’eau est impressionnant ; il contribue à la régénération du récif en favorisant l’implantation de nouvelles pousses de corail
il dort en groupe, la nuit, dans des trous, ce qui en fait une proie facile pour les chasseurs.

Je me souviens, c’était plutôt : “Schkrouk schkrouk schkrouk…”

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Le mythe de Sedna

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Les transformations hommes-animaux présentent dans les mythologies nordiques sont le rappel d’une époque où les animaux étaient des hommes.

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« Sedna, ou Nuliajuk (la jeune fille), avait refusé tous ses prétendants jusqu’à ce qu’un étranger la persuade de s’enfuir avec lui. C’était, en réalité, un chien cruel déguisé en homme, mais elle ne le découvrit qu’après être arrivée dans sa nouvelle maison, sur une île lointaine. S’échapper était impossible, jusqu’au jour où sa famille vint lui rendre visite. Son mari refusait toujours qu’elle quitte la tente, sauf pour satisfaire ses besoins naturels, et, même alors, il l’attachait à une longue corde. Mais cette fois, ayant déroulé toute la corde, elle répondit qu’elle reviendrait bientôt. Sur ce, elle courut à la plage rejoindre ses parents dans leur grand bateau en peau de morse. Mais ils ne l’avaient pas encore mis à la mer que son mari découvrit la ruse et, s’étant transformé en oiseau, fondit sur la famille en fuite, déchaîna une tempête et menaça de les noyer. Pour avoir la vie sauve, ils jetèrent Sedna par-dessus bord. D’abord, elle s’agrippa au plat-bord. Mais son père lui coupa les premières phalanges ; puisqu’elle s’acharnait, il lui coupa aussi les deuxièmes et les troisièmes. Celles-ci furent englouties par la mer, devenant le phoque, le morse et la baleine, que les esquimaux chassent aujourd’hui. En proie au désespoir, Sedna s’accrocha avec ses coudes au flanc de l’embarcation, mais son père la frappa avec sa pagaie, lui arrachant un œil, et elle sombra dans la mer, mutilée et éborgnée.

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Du fond des eaux, elle règne depuis sur toutes les créatures. Sa maison est presque remplie de leurs grands corps flottants. De temps en temps, elle envoie des animaux pour qu’ils soient capturés par les chasseurs, mais seulement par les chasseurs qui pratiquent les rites et font preuve de respect envers les animaux qu’ils ont tués. Les autres chasseurs reviennent les mains vides. Ce qui signifie que Sedna leur ôte la vie, car ils ne peuvent survivre sans nourriture, sans vêtement et sans combustible, ce qui ne peut venir que de ses sujets. Elle est la plus redoutée de tous les esprits ; plus que tout autre, elle contrôle la destinée des hommes. »

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Dans toutes les versions du mythe, Sedna est celle que la famille abandonne pour pouvoir survivre.

Remerciements : Musée des Confluences, Lyon.

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Le fleuve Whanganui a une personnalité juridique.

 

La protection effective de la Nature nécessite sans doute une révolution mentale. Si l’on veut finalement admettre que l’homme n’est pas maître et possesseur de la nature comme a voulu nous le faire croire la Bible, sans doute faut-il transformer des milieux de vie en sujets de droit. Le parlement néo-zélandais a accordé au fleuve Whanganui (le troisième du pays par sa taille), le 15 mars 2017, une personnalité juridique ; il est désormais reconnu comme une entité vivante.
Le ministre de la Justice, Christ Finlayson, a estimé devoir attribuer au Te Awa Tupua (le nom maori) « sa propre identité juridique, avec tous les droits et devoirs attenants », en précisant la dimension « profondément spirituelle entre l’iwi [la tribu] et Whanganui son fleuve ancestral ». Cette décision va avoir un impact fondamental sur les devoirs environnementaux des personnes qui vont vouloir exploiter le cours d’eau. Les intérêts du fleuve pourront être défendus par un Te Pou Tupua (« face humaine » en maori) devant un tribunal. Deux personnes constitueront collectivement le Te Pou Tupua – un membre de la tribu et un membre du gouvernement – et pourront parler et agir au nom du Te Awa Tupua. La tribu n’est pas propriétaire du fleuve, mais son gardien chargé de le protéger pour les générations actuelles et futures. Elle a même obtenu des réparations financières (52,2 millions d’euros) ainsi que des fonds pour améliorer l’état du cours d’eau (30 millions d’euros). En 2008 l’Équateur est devenu le premier pays du monde à inscrire dans sa Constitution un droit de la nature : « Nature, ou Pacha Mama, où se reproduit et réalise la vie, a le droit à ce que soient intégralement respectés son existence, le maintien et la régénération de ses cycles vitaux, sa structure, ses fonctions et ses processus évolutifs. Toute personne, communauté, peuple ou nationalité pourra exiger à l’autorité publique, l’accomplissement des droits de la nature » (article 71). Un autre pays d’Amérique latine, la Bolivie, a voté en 2010 une Ley de Derechos de la Madre Tierra (« loi sur les droits de la Terre Mère »), accordant aux ressources naturelles un droit à la régénération, à la vie, et à la diversité. Cette loi vise à sanctuariser l’eau, l’air, et à empêcher les activités humaines pouvant générer des dégâts irréparables sur ces ressources (déchets toxiques et radioactifs par exemple).

Le fleuve aura des droits, aura-t-il pour autant des devoirs ?
Le fleuve aura «sa propre identité juridique, avec tous les droits et les devoirs attenants», a précisé mi-mars le ministre de la Justice néo-zélandais, Chris Finlayson. Comment un fleuve peut-il avoir des devoirs ?On imagine mal la Seine se défendre devant un tribunal pour sa grande crue de 1910. Par «devoirs», «il faut comprendre que des obligations vont limiter les droits», explique Marie-Angèle Hermitte, directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et auteure de « La Nature, sujet de droit ?» publié dans la revue des Annales. Histoire sciences sociales en 2011. «En ce qui concerne l’espèce loup par exemple, elle a un droit à l’existence, mais s’ils se multiplient à l’excès, on va abattre des loups. Il y a une sorte d’obligation à ne pas rendre la vie impossible. Avec le fleuve Whanganui, il est possible que le ministre ait en tête le fait qu’on puisse y installer des canaux pour réguler son cours par exemple.»

La première femme ayant reçu le prix Nobel d’économie en 2009, Elinor Ostrom, s’intéresse à la gouvernance des biens communs. Les ressources naturelles constituent un « capital naturel » s’intégrant pleinement dans le processus de production, et sa dégradation implique un manque à gagner considérable pour les entreprises, tout en aggravant les conditions de vie des populations. Dans son ouvrage publié en 1990, intitulé Governing the Commons : The Evolution of Institutions for Collective Action, l’économiste soulève une réflexion de bon sens : dès lors que des individus font face à l’épuisement ou à la dégradation de leurs ressources (ce qui est d’autant plus vrai lorsqu’elles sont « communes »), ils édictent des règles de gestion et s’engagent à les respecter.
Plus récemment, la Haute Cour de l’Etat himalayen de l’Uttarakhand au nord de l’Inde a calqué l’exemple du fleuve néo-zélandais, en accordant le 20 mars le statut d’«entités vivantes ayant le statut de personne morale» au Gange et à son principal affluent, la rivière Yamuna. Le but : lutter plus efficacement contre la pollution de ses cours d’eau, considérés comme sacrés par près d’un milliard d’Hindous. Le Gange, long de 2 500 kilomètres, est empoisonné chaque jour par les eaux usées domestiques et autres métaux lourds, polluants chimiques et carcasses d’animaux. Il est, depuis 2008, inscrit sur la liste noire des dix fleuves les plus pollués au monde par le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Les rares pays qui reconnaissent des droits à la nature et à ses éléments ont des populations indigènes qui entretiennent avec la Terre Mère une relation privilégiée et sacrée. Comme c’est le cas en Nouvelle-Zélande, où «près de 14 % de la population est maorie et a fait de la protection de la nature un élément de son propre combat pour l’existence», explique Marie-Angèle Hermitte.

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Les poissons OGM arrivent…

 

…sauf chez nous.
Saisie par la Confédération Paysanne sur la question du statut des organismes issus des nouvelles techniques de modification du vivant, la Cour de Justice de l’Union européenne a rendu son verdict en juillet 2018. Les organismes modifiés par mutagénèse, quels que soient les gènes modifiés, doivent être considérés comme des OGM et donc soumis à la directive 2001/18/CE. Donc, introduire des animaux génétiquement modifiés dans les élevages impliquerait d’en passer par les lourdes procédures prévues par la réglementation.
Ailleurs dans le monde c’est beaucoup plus souple…
Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration prône une évaluation des OGM au cas par cas. En novembre 2015, l’agence a autorisé la commercialisation d’un saumon génétiquement modifié par transfert d’une hormone de croissance. Une chèvre produisant un médicament anticoagulant et un poulet fabriquant un médicament humain ont également été autorisés. Le Canada, comme son voisin, se base sur une évaluation au cas par cas. Le saumon transgénique y a été approuvé comme aliment en mai 2016. Argentine, Brésil, Chili, Paraguay, Uruguay ont déclaré en septembre 2018 qu’il fallait éviter de créer des distinctions “arbitraires et injustifiées” entre les produits OGM et les autres. En Argentine, plusieurs projets visent à créer des vaches productrices de lait anallergique, maternisé et riche en nutriments. Le Japon a proposé fin août que seule l’insertion de nucléotides étrangers à l’espèce soit soumise à réglementation.

 

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Les Aires Marines Protégées (AMP)

 

Les Aires Marines Protégées, comment s’y retrouver ?

Cantonnements, réserves, parcs, zones Natura 2000…on s’y perd !

Un peu de pédagogie, de sémiologie…

…et de géographie! Ci-dessous une carte interactive des AMP dans les eaux françaises :

http://www.aires-marines.fr/Les-aires-marines-protegees/Carte-interactive

 

Parc National (ex Port Cros) : réserve sous-marine pérenne surveillée avec un zonage de différentes réglementations.

Pas de grande zone strictement protégée : la pêche professionnelle n’est formellement interdite sous toutes ses formes que dans un petit quadrilatère près de l’îlot du Rascas et dans le périmètre du sentier sous-marin. Circulation, mouillage, plongée et pêche sont réglementés dans les eaux du Parc.

http://www.portcros-parcnational.fr/fr/le-parc-national-de-port-cros/un-territoire-reconnu

Réserve Naturelle (exemple Scandola en Corse) :
Réserve sous-marine pérenne surveillée avec un zonage de différentes réglementations.

Pêche à la ligne, chasse et plongée sous-marine interdites, apnée autorisée, mouillage interdit la nuit dans la Réserve. Dans la réserve intégrale (à la différence de la zone périphérique) la pêche professionnelle est interdite.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Réserve_naturelle_de_Scandola

 

Les cantonnements de pêche (exemple du Cap Roux, Var) sont créés à la demande de prud’homies de pêche (syndicat de pêcheurs). La protection est variable (pêche strictement interdite ou pas), le statut éphémère et il n’y a pas de surveillance spécifique.
L’inconvénient de ce statut est l’absence de garantie de pérennité. En 1964, en Corse, 12 cantonnements de pêche avaient été créés puis abrogés cinq années plus tard, réduisant en quelques semaines à néant tous les efforts de cinq années de protection. Malgré cela ils représentent en Corse la plus grande surface de réserve intégrale de toutes les côtes françaises de Méditerranée. Ils doivent néanmoins être mieux surveillés. La Pointe de la Revellata (Calvi) n’est-elle pas régulièrement braconnée ?

Un exemple espagnol :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/05/face-aux-reglementations-de-plus-en-plus-drastiques-les-pecheurs-catalans-ont-agi-collectivement_5392711_3232.html?xtmc=&xtcr=1

Zones Natura 2000 : le principe de Natura 2000 est européen. Zones représentant un intérêt communautaire pour la flore, la faune ou pour des écosystèmes. Elles sont sélectionnées dans un objectif précis. Un tracé est proposé, sa gestion est programmée dans un document d’objectifs. Les activités humaines traditionnelles en place peuvent persister, par contre toute activité nouvelle doit être évaluée.
Les tracés de la plus part des zones Natura 2000 en Méditerranée ont été décidés on ne sait où, ni par qui, à la va vite, pour répondre à temps au calendrier des exigences européennes. Les tracés évitent ainsi les petits fonds qui sont les plus riches et les plus menacés par les activités humaines.

https://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/listeSites

Linéaire des côtes protégées par le Conservatoire du Littoral.
Cet établissement public crée en 1975 acquiert des terrains à l’amiable, par préemption ou exceptionnellement par expropriation. Après réhabilitation leur gestion est confier à des collectivités locales ou à des associations. Très utile, car en Méditerranée 11% du littoral est artificialisé. Fin 2018, 201 865 hectares de linéaire côtier était protégé.

http://www.conservatoire-du-littoral.fr/

Pelagos, un sanctuaire pour les mammifères marins.
Ses 87500 km2 constituent la première aire marine internationale (France, Italie, Monaco) protégée de haute mer. Le programme prévoit de traiter les aspects du trafic maritime, des courses d’engins à moteurs rapides, de l’observation des cétacés, de la pêche et de la recherche scientifique.

https://www.sanctuaire-pelagos.org/fr/

Plus d’infos sur les AMP françaises ici :

http://www.aires-marines.fr/

 

Source : Méditerranée Mer Vivante – 16ème édition. Université Nice Sophia Antipolis/Lions Club

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Açores

 

Les raies-aigles-chouettes (Myliobatis aquila) planent devant l’entrée de la grotte.
Une queue en fouet, une face ventrale blanche, un dos sombre, des ailes en losange.

Que font-elles dans les hauteurs de cette grotte creusée à flanc de falaise et de tombant ?
Que font-elles là, alors qu’elles se nourrissent dans le sable ?
Elles y détectent les vibrations des crustacés et des mollusques, puis les chassent des sédiments d’un mouvement de nageoires, avant de broyer, carapaces et coquilles, entre leurs plaques dentaires.

La bouche, les fentes branchiales, dessinent un portrait fantomatique.
D’un vol gracieux elles s’enfoncent vers l’intérieur de la grotte, y disparaissent.
Suivant un parcours, à la fois mystérieux et prévisible, elles reviennent enfin vers la lumière : c’est « la ronde des raies ».
On peut les attendre sur leur chemin de retour, mais sans couper leur route car, alors irritées, elles s’esquivent brutalement.

Dos à la grotte, face au large, on les voit planer dans les rayons du soleil, ou bien, silhouettes sombres, se détachent-elles sur le fond lumineux constitué par la surface opalescente de l’eau.
La raison du ballet sous-marin des raies-fantômes est inconnue.

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