Et une, et deux et trois…bonnes nouvelles…

Des scientifiques ont découvert par erreur une enzyme très efficace pour digérer le plastique.
En 2016 des Japonais découvrent sur un site de recyclage de bouteilles en plastique une bactérie possédant une PETase, une enzyme qui détruit le polyethylene terephthalate (PET). Des chercheurs du département américain de l’énergie renouvelable, en étudiant la structure de la molécule, créent par inadvertance un mutant de la PETase. Le mutant est non seulement beaucoup plus efficace mais il digère également le polyethylene furandicarboxylate (PEF). Grâce à cette PETase le PEF et le PET deviennent biodégradables…

 

Google aide le gouvernement Indonésien à lutter contre la pêche illégale.
En analysant les images satellites Google est capable de localiser les bateaux qui pêchent en zones interdites. En 2016, Google co-fonde Global Fishing Watch, une plate-forme d’imagerie en ligne. L’Indonésie a été la première nation a partager son système de suivi informatique des navires (VMSI, vessel monitoring system information) ce qui leur a permis de localiser plus de 5000 bateaux auparavant invisibles avec les systèmes classiques. Les stocks de poissons auraient ainsi doublé en deux ans (?) et le braconnage étranger chuté de 90%. Les navires arraisonnés par la Navy indonésienne sont coulés.

Les chercheurs étudiant la diversité génétique des coraux de la Grande Barrière ont trouvé que celle-ci était plus importante que ce qu’on pensait jusqu’alors ce qui pourrait augmenter de 50 ans – la portant à un siècle – l’espérance de survie de ces récifs face au réchauffement climatique ( PLOS Genetics). L’étude a porté sur Acropora millepora résistant au réchauffement.

Publicités
Publié dans Asie, Conservation, Pollution, Surpêche | Laisser un commentaire

CEPHALOPOLIS « Ce que c’est qu’être une pieuvre… »

A quoi peut ressembler l’expérience subjective d’un poulpe ?

Nous avons exploré dans Humuhumunukunukuapua’a (1) et (2) (http://forum-photosub.fr/forum/viewtopic.php?f=101&t=15954) l’umwelt des poissons, c’est à dire ce qu’ils ressentent, leur univers sensoriel, nous allons maintenant faire la même chose avec les pieuvres.
Un poulpe commun possède 500 millions de neurones. C’est beaucoup. Beaucoup moins que nous, mais autant qu’un chien par exemple et sans équivalent, en tout cas, parmi les invertébrés.
Les poulpes sont limités par leur vie très courte (un an ou deux, comme les seiches ; quatre ans pour le poulpe géant du Pacifique).
Il y a 2 fois plus de neurones dans les bras que dans le cerveau central. Les bras touchent, sentent et goûtent. En gros, il y a un contrôle centralisé du mouvement global du bras (par la vue) et un réglage précis du mouvement par le bras lui-même.
Les poulpes ne sont pas très sociables et il semblerait que ce soit la chasse et la fuite des prédateurs qui aient fait émerger chez eux une certaine intelligence ou bien la nécessité de coordonner un corps complexe à plusieurs bras. Le poulpe serait l’illustration d’un mouvement théorique en psychologie intitulé la « cognition incarnée » (« embodiment ») : c’est le corps lui-même, plutôt que notre cerveau, qui serait responsable d’une partie de notre intelligence.
Les poulpes ont opté pour une délégation partielle d’autonomie à leurs bras. Pour le poulpe, les bras sont partiellement soi mais, pour son cerveau central, ils sont en partie non-soi, des agents à leur propre compte. Si vous essayez de prendre un objet avec votre main et qu’au dernier moment l’objet bouge, votre mouvement va changer aussi, sans que vous en ayez conscience, c’est un peu la même chose chez le poulpe. Le cerveau central est le chef d’orchestre, mais les joueurs qu’il dirige (les bras) sont des jazzmen enclins à l’improvisation et ne tolèrent sa direction que jusqu’à un certain point.
Mais pourquoi, bon sang, une vie si courte ? Sa vulnérabilité (c’est un mollusque sans coquille) conditionne son espérance de vie. L’évolution a privilégié, chez lui, la ruse et le camouflage, mais sa vie c’est le risque continuel de ne pas survivre jusqu’au lendemain.
Il y a une exception.
Au moins.
En 2007, à 1600 mètres de fond, les chercheurs de Monterey Bay ont trouvé une femelle de l’espèce Granaledone boreopacifica accrochée à la paroi, elle protégeait sa couvée, ils sont venus la voir tous les mois…pendant quatre ans et demi ! La plus longue incubation du règne animal. Si le rapport couvaison/durée de vie est le même que pour les autres poulpes, il pourrait vivre 16 ans.

« Le prince des profondeurs » de Peter Godfrey-Smith Flammarion 2018, (« Other minds : the octopus, the sea, and the deep origins of consciousness », 2016)

Publié dans Céphalopodes, Comportement | Laisser un commentaire

Plonger avec les céphalopodes

Les céphalopodes – avec les mammifères marins et les raies manta – sont parmi les rares espèces avec lesquelles on peut espérer avoir une vraie interaction en plongée, avoir un vrai contact.
Les céphalopodes comprennent les poulpes (= pieuvres, 300 espèces, de 2 cms à 6 mètres, d’une extrémité d’un tentacule à une autre pour la pieuvre géante du Pacifique), les seiches (120 espèces), les calamars (300 espèces) et les nautiles (28 espèces).
Qu’ont en commun toutes ces espèces ? Pourquoi sont-elles si particulières ?
Les céphalopodes ont un sang bleu, trois cœurs, une bouche avec un bec et huit bras autour de la bouche (seiches et calmars ont, en plus, deux tentacules). Ils ont un cerveau gros et complexe (avec une partie dans chacun des bras). Ils peuvent résoudre des problèmes, se servir d’outils, se doter d’une habitation mobile. En captivité on a vu des poulpes provoquer des courts-circuits : ils éteignaient les lumières en envoyant des jets d’eau au plafond sur les ampoules électriques.

Plonger avec des seiches :

Petit rappel de morphologie : Elles ont 8 bras et 2 tentacules (invisibles au repos). Au repos les 8 bras d’une seiche pendent vers l’avant et se ressemblent tous. Les bras sont numérotés de 1 à 4, à gauche et à droite. En partant du haut, on trouve le bras gauche n°1 et le bras droit n°1. Vu de face, ce sont les bras « internes ». En allant vers l’extérieur, on trouve le bras gauche n°2 et le bras droit n°2, puis la troisième paire, et enfin la quatrième.
Chez les seiches géantes (qui peuvent faire jusqu’à 1 mètre), la quatrième paire est plus grosse chez les mâles que chez les femelles.
Les seiches sont capables d’afficher sur leur corps des couleurs absolument extraordinaires. Couleurs qui sont variables d’un individu à l’autre et fonction de l’humeur de l’animal.

La seiche témoigne en général une « amicale curiosité ». Il faut prendre son temps. Elle maintient une distance de sécurité, distance qui peut se réduire à 50 cms au bout d’un certain temps ; on approche alors une main sans la toucher, la seiche peut ensuite allonger un bras pour toucher le votre mais, en général, c’est une tentative unique.
Parfois, mais c’est rare, la seiche peut être agressive : on assiste alors à un tournoiement de bras, à un feu d’artifice de couleurs chaudes, replis de peau hérissés, bras dressés, elle peut charger mais ne va pas au contact. Si vous l’imitez ça la calme rapidement et permet une approche. La seiche peut également vous témoigner sa plus profonde indifférence, vous semblez ne pas exister pour elle.

Répertoire agressif :
Les mâles aplatissent souvent leurs quatrièmes bras comme de larges lames.
Autre geste agressif : dresser la première paire de bras comme des cornes. Elles peuvent aussi avoir la forme de crosses de fougère, de crochets ou de massue.
Parfois le déploiement est « étagé » : paire 1, toute dressée ; paire 2, comme des cornes avec l’extrémité enroulée ; paire 3, juste en dessous ; paire 4, aplatie, massive.

Plonger avec des poulpes :

A quoi s’attendre ?
Il est possible de les suivre en gardant ses distances. Ils font un parcours à l’itinéraire tortueux qui les ramène en général à leur tanière. Ils accordent une grande attention aux objets qu’ils rencontrent pour la première fois.
Ils vous regardent attentivement en gardant leurs distances.
Les poulpes sont plus entreprenants que les seiches : ils tendent un bras à partir de leur trou pour vous explorer (il y a des centaines de capteurs chimiques sur chaque ventouse), les poulpes vous « goûtent », puis tentent de vous tirer dans leur repère.

Les « histoires extraordinaires » :

Matt, qui a décrit l’une des Octopolis (une « ville » de poulpes) : un poulpe, une fois, lui a attrapé la main et lui a fait faire « un petit tour du propriétaire », la balade a duré dix minutes et s’est terminé devant la tanière du poulpe.
En captivité. Racontée par Jean Boal (Université de Millersville). Les poulpes adorent les crabes mais en captivité ils sont souvent nourris avec des crevettes et des calmars décongelés. Un jour, Boal était en train de parcourir une rangée de réservoirs distribuant du calmar décongelé. Au bout de la rangée elle fait demi-tour et voit que le poulpe du premier réservoir semble l’attendre. Il n’a pas mangé son calmar et le tient bien en évidence. Le poulpe, sans la quitter des yeux, se dirige vers le siphon d’évacuation et y laisse tomber le morceau de calmar.

On ne sort pas un poulpe de force de son trou : ça n’a aucun intérêt pour vous…et encore moins pour le poulpe.

Seule espèce véritablement dangereuse (à part le poulpe à ocelles bleues ou Blue-Ring Octopus détaillé ici : https://cridupoulpe.wordpress.com/2015/02/18/mortel-et-telepathe-le-poulpe-a-ocelles-bleues/ ) : le calamar de Humboldt, au large du Chili. En plongée de nuit, de nombreux plongeurs photographes et cinéastes ont été attaqués et mordus, inutile de préciser que l’on sait très peu de choses sur cette espèce…Disons que ça ne se bouscule pas au portillon pour l’étudier…

 

 

 

« Le prince des profondeurs » de Peter Godfrey-Smith Flammarion 2018, (« Other minds : the octopus, the sea, and the deep origins of consciousness », 2016

Publié dans Céphalopodes, Plongée sous-marine | Laisser un commentaire

OCTOPOLIS

J’adore les poulpes, alors cette histoire de Cité des Poulpes, Octlantis, était presque trop belle…Elle a été découverte sur la côte est australienne. Bon, les scientifiques aiment bien se mettre en valeur, alors ce n’est pas une vraie ville avec un stade de foot et des HLM mais…disons que c’est un début, une émergence. C’est un regroupement d’une quinzaine d’individus sur un site qui comprend des tanières et des murs de coquillages, ce qui n’avait encore jamais été décrit. Les pieuvres se regroupent, communiquent, et se battent pour chasser d’autres pieuvres tentant de s’emparer de leur habitat ou pour expulser celles qui ne sont plus les bienvenues. En 2009 on avait découvert une autre cité dans le coin, Octopolis. Elle était le théâtre de violents combats entre mâles (de l’espèce Octopus tetricus), certains utilisant des coquillages comme armes. Mais le site, construit autour d’un objet métallique d’une trentaine de centimètres de long -de fabrication humaine-, avait été considéré comme une probable anomalie. Octlantis, elle, n’a pas été construite autour d’un objet non-naturel, mais autour de pierres. « Les deux sites présentent des caractéristiques qui ont, je pense, rendu ces attroupements possibles, à savoir des affleurements de roches océaniques au milieu de régions particulièrement plates et sans relief », explique Stephanie Chancellor.
Un autre regroupement de poulpes a été décrit en 1982 dans les eaux de Panama. A l’époque la communauté scientifique fut sceptique.
Comment expliquer l’apparition d’Octopolis ? Un jour un objet métallique d’une trentaine de centimètres tombe d’un bateau. Le plus gros poulpe du coin s’installe dessous. La pieuvre apporte des pétoncles pour s’en nourrir. Les coquilles s’accumulent, changeant la topographie du lieu. D’autres tanières peuvent y être creusées. De nouveaux poulpes s’installent augmentant donc le nombre de coquilles. Dans une zone où les coquillages abondent, les tanières pour se mettre à l’abri des requins, des poissons ou des dauphins est le facteur limitant. Octopolis, comme un récif artificiel, attire de nombreuses espèces sur le site : poissons, requins wobbegong, calamars, raies, crabes etc.

Publié dans Céphalopodes, Comportement | Laisser un commentaire

Raja Ampat

C’est l’extrémité ouest de la papouasie indonésienne (ou « Papua », autrefois « Irian Jaya »). Avec Triton Bay et Cenderawasih Bay ils forment l’entité « Bird’Head Seascape » (183 000 kilomètres carrés, 2500 îles), l’un des endroits au monde à la plus grande diversité corallienne.
Le programme de conservation de la région repose sur l’engagement de Conservation International, la région et l’Etat indonésiens, la Fondation Packard, des donateurs privés, qui financent et gèrent des actions conjointes de recherche, de gestion et d’éducation…Un bateau, le MV Kalabia, a accueilli plus de 5000 enfants de la région et leurs professeurs les sensibilisant à leurs richesses marines. Certaines activités économiques de substitution aux prélèvements marins ont été lancées : élevages de porcs, ateliers de rotin etc…

On a dénombré 1629 espèces de poissons. Pourquoi autant de diversité ? La région est une zone de convergence tectonique, un des lieux géologiquement le plus actif de la planète, ce qui a multiplié les milieux marins : des récifs frangeants, des baies paisibles, des abysses…Ce qui n’apparaît pas sur les cartes c’est que la région est connectée par les courants océaniques (pourvoyeurs de larves) à d’autres régions très riches du Triangle de Corail. Au cœur de celui-ci elle fonctionnerait comme un incubateur géant, une « fabrique à espèces » marines.
L’endémisme est marqué : 8 espèces de squilles, 10 à 40 espèces de corail, 35 espèces de poissons. Il existe des requins-marcheurs spécifiques des 3 entités géographiques (RA, Triton B. et Cenderawasih B.)

 

Dix Aires Marines Protégées couvrant 35000 km2 ont été établies grâce aux efforts conjoints du gouvernement, des ONG, des partenaires académiques, avec le soutien financier de la Fondation de la Famille Walton, projet qui a permis d’embaucher sur chaque réserve des membres des communautés locales. La pêche à l’explosif a été presque éradiquée, ainsi que le braconnage des tortues.
A Sayang-Piai, les pontes fructueuses de tortues ont augmentés de 50 à 70% chaque année depuis 2006. Certains villages ont d’eux-mêmes augmenté les zones de « No-take » en complétant leurs propres moratoriums traditionnels ou sasi. Sous l’impulsion du Misool Eco Resort (MER) la pêche aux requins/raies manta/tortues/dugongs/poissons d’aquarium est interdite au Raja Ampat depuis 2010. L’un des plus gros succès du projet : MER a créé une « no-take zone » de 1220 km2.
Les droits payés par les touristes qui visitent les Raja (200 000$ chaque année) sont partagés entre les rangers et un fond communautaire qui développe la santé et l’éducation des villages.

Pour plus d’informations sur la conservation de la région :
http://www.birdsheadseascape.com

Publié dans Aires Marines Protégées, Asie, Conservation | Laisser un commentaire

Manger encore du poisson (et des produits de la mer)?

Les gens, croyant bien faire, pour leur santé et l’environnement, délaissent l’alimentation carnée pour les produits de la mer or les ressources marines sont surexploitées et l’aquaculture dépend encore de la mer

Une étude inédite publiée mardi 19 décembre par Santé publique France (ex-Institut de veille sanitaire), quelques jours avant les agapes de fin d’année, montre que les femmes enceintes françaises sont surexposées à l’arsenic et au mercure, et que cette « surimprégnation » (par rapport notamment aux Américaines et aux Canadiennes) « trouverait une explication dans la consommation plus élevée de produits de la mer ».

L’ikejime
Les grands chefs spécialisés en produits de la mer ne jure que par elle. C’est une technique japonaise de conservation du poisson.
Les poissons souffrent, c’est une évidence.
https://cridupoulpe.wordpress.com/2014/11/29/les-poissons-souffrent-ils/
Comment encore accepter de manger des poissons qui ont agonisé pendant des heures sur un pont ou dans une cale de navire ? L’ikejime consiste à tuer le poisson (en détruisant ses centres nerveux) et à le saigner le plus tôt possible après sa capture. La saveur gustative, selon les amateurs, est incomparable.
C’est la même chose pour les animaux de boucherie, on sait très bien que le stress, la souffrance entraînent une altération des chairs. Les poissons toniques, n’ayant pas souffert sont riches en ATP (la molécule de transfert de l’énergie) qui, à leur mort, se transforme en inosinate, c’est cette molécule qui serait à l’origine de l’umami, cette 5ème saveur (après le salé, le sucré, l’amer et l’acide) recherché par les piscivores japonais gastronomes. Je cite ici les promoteurs de cette technique en France :
« Plus un poisson meurt dans des conditions difficiles (lutte, stress, convulsions, agonie, noyade, asphyxie etc.), plus il va se rigidifier rapidement. Son corps de rigidifie si vite que le muscle, brutalement sollicité, « craque ». Les fibres musculaires se déchirent, les membranes cellulaires cèdent. A la phase suivante, quand le muscle perd progressivement sa rigidité, on constate que le mal est fait : la chair du poisson est molle et le restera. Elle rendra de l’eau à la cuisson.
Par contre, plus le poisson meurt « bien », sans lutte ni stress, plus la phase de rigidité cadavérique va démarrer en douceur. Le muscle se contracte lentement, sans déchirures, sans dégâts. Après cette phase du Rigor Mortis, on retrouvera la structure originelle de la chair du poisson. Qui dit ikejime dit neutralisation du système nerveux du poisson. Il s’agit d’une perforation cérébrale suivie d’une démédulation  (destruction complète du système nerveux le long de la colonne vertébrale du poisson). Les influx nerveux ne passent plus à la chair, qui ne reçoit pas l’information qu’elle est morte. L’inéluctable processus naturel de dégradation de la chair, qui mènera, à terme, à la putréfaction, est considérablement retardé.
Le poisson ikejime pourra donc être maturé, de plusieurs jours à plusieurs semaines (en fonction de  l’espèce, de la tonicité du poisson et de la qualité de l’abattage), avant l’apparition du « mauvais goût du poisson » ou de la « mauvaise odeur du poisson », qui sont liés à la dégradation de l’inosinate en hypoxanthine, qui devient urée, qui devient ammoniaque. »
Je rajouterais deux choses : comme pour les mammifères, la décérébration (« étourdissement » dans les abattoirs) doit bien sûr avoir lieu avant la saignée pour éviter toute souffrance inutile. De même l’ikejime n’a un intérêt qu’immédiatement après la pêche et pas après que le poisson ait croupis plusieurs heures (jours) dans l’eau glauque d’un aquarium comme on peut le voir dans les restaurants de Bali ou Hong-Kong.

Manger encore des crevettes ?

 

élevage de crevettes à Bali

95% des crevettes consommées en Occident proviennent d’élevages intensifs en Asie du Sud-Est (et Amérique du sud). Ces élevages détruisent les mangroves, ces nurseries à poissons qui, entre autre, protègent les côtes de l’érosion. Les intrants (antibiotiques et pesticides) ne sont pas contrôlés. Une des solutions est de choisir des crevettes labellisées ASC (Aquaculture Stewardship Council) fraîches ou congelées. Les meilleures sont celles de Madagascar (compter à l’achat 1€ par crevette). Les crevettes ASC (chez Grand Frais par exemple) d’Amérique Latine (Belize, Equateur ou Honduras) ou d’Asie du SE (Vietnam) sont vendues 5€ les 300g, elles sont cuites, non décortiquées et baignent dans l’acide citrique et le disulfite de sodium. Picard propose des crevettes décortiquées cuites à 8€ les 200g, ASC, des mêmes origines, mais congelées et donc sans l’acide citrique et le disulfite.
Quand elles ne sont pas issues de l’aquaculture les crevettes sont pêchées au chalut. C’est l’une des pêches qui est responsable du plus fort taux de prises accessoires.

Maintenant vous pouvez, aussi, devenir végétarien…

Publié dans Consommation, crevettes, Non classé | Laisser un commentaire

La fausse dorade

 

dorade-sébaste

 

Daurade royale

En faisant mes courses rapidement à Picard l’autre jour j’ai pris un sac de filets surgelés de dorades-sébastes. Je n’ai pas fait attention, le label MSC a guidé mon choix. « Dorade », c’est associé à un poisson au goût fin et à la chair délicate. Sauf…sauf que rentré à la maison je me suis rendu compte de mon erreur : la dorade-sébaste n’a absolument rien à voir avec la dorade. Cette dernière est un poisson de la famille des Sparidés alors que les sébastes sont des Scorpaenidae, des poissons-scorpions, comme la rascasse.
Vous achèteriez un poisson-scorpion ? Une sébaste ? Non…et les as du marketing sont d’accord avec vous. C’est pour ça également qu’ils appellent « saumonette » des petits requins comme les aiguillats et les émissoles.
Petit état des lieux.
« Daurade » ou « dorade » désigne plusieurs espèces de poissons de bonne qualité gustative. En France, le terme « daurade » au titre de l’appellation commerciale est strictement réservé à l’espèce Sparus aurata ou daurade royale. « Dorade » peut servir à désigner toutes les espèces de Sparidae : la dorade grise, la d. japonaise, la d. marbrée, la d. rose (2 espèces), la d. coryphène (2 esp dans l’Océan Indien et les Antilles)…Le sens commun et le dictionnaire ne font pas la différence entre dorade et daurade.
« Dorade-sébaste » est le terme commercialement admis pour Sebastes marinus (= norvegicus) ou sébaste atlantique (qui comprend également S. mentella et S. fasciatus). On comprend tout de suite que c’est le boxon et qu’on ne va pas s’en sortir…Redfish en anglais. Ce sont des poissons à croissance lente (maturité sexuelle vers 10 ans), à grande longévité (40 ans). Leurs populations sont donc fragiles. Seuls les stocks d’Islande et du Groenland ont une biomasse en augmentation depuis 2005. L’effort de pêche est compatible avec le Rendement Maximal Durable, ce qui leur ont valu le label MSC. Les scientifiques recommandent des prises de 52800 tonnes (information : Ethic Ocean). Les scientifiques recommandent par contre la fermeture des pêcheries de la mer de Norvège et de Barents dont les stocks de reproducteurs sont fortement affaiblis.

Publié dans Consommation | Laisser un commentaire