Malta, le chant de la tortue

Photo : Franck Hervochon

En 1960, une tortue caouanne (Caretta caretta, Loggerhead turtle) est venue pondre sur la plage de Golden Bay, au nord ouest de l’île de Malte. On l’a laissée pondre, ensuite on a ramassé les œufs, capturé la tortue et mangé le tout.

Le 20 juin 2012, une tortue est venue pondre à Gnejna Bay (une plage voisine). La ponte de 79 œufs a été déplacée par les autorités (Malta Environment & Planning), après avis d’experts, protégée par une cage en aluminium. La ponte a été noyée, faute au sol en argile bleue (« underlying blue clay »).

Gnjena Bay

Le 2 août 2016, une caouanne vient pondre à Golden Bay. Les œufs cette fois-ci sont laissés en place et surveillés 24h/24 pendant deux mois sur cette plage très touristique. Après 56 jours d’incubation, 66 petites tortues retournent à l’océan aidées par une lumière IR. Elles reviendront peut-être pondre au même endroit dans 25/30 ans, mais le taux de survie des jeunes tortues étant très faible, la chance est infinitésimale.

Le sud de l’Italie est l’extrémité nord-ouest de l’aire de nidification de l’espèce en Mediterranée. Le premier lieu de ponte est la Grèce (3000 nids par an), puis Chypre et la Turquie. Deux pontes ont été découvertes en 2002 en Corse et deux dans le Var (St-Tropez en 2006, St-Aygulf en 2016).

Une analyse génétique des caouannes maltaises a montré qu’elles appartiennent à la population orientale plutôt qu’occidentale (originaire de l’Atlantique) (Mifsud et al., 2005).

Les tortues adultes sont victimes des lignes de pêche à la palangre dans les eaux maltaises (2 à 3000 prises par an, avec une mortalité de 15 à 50% (Mifsud et al., 2005)), de la pollution au plastique, de l’aménagement du littoral qui les empêche de venir pondre etc…

Nature Trust Malta gère un programme de sauvetage de tortues au San Lucjan Aquaculture Research Centre (en gros, 15 tortues par an).

Les eaux maltaises, faute à la surpêche, sont notoirement très pauvres en poissons.
Un ambitieux programme d’Aires Marines Protégées (voir carte) semble répondre d’avantage aux exigences européennes de lister des sites Natura 2000 que de réellement vouloir protéger la biodiversité marine. La chasse sous-marine en bouteilles était encore autorisée il y a quelques années. Les Maltais ne sont pas des grands mangeurs de poissons, mais ils tentent de fournir aux restaurants de la côte, pour les touristes, des produits de la mer.

L’association Sharklab Malta est très active pour la protection des raies et requins. Elle recueille sur les marchés des œufs de requins encore vivants qui sont mis en incubation à l’aquarium de Malte : 200 requins ont ainsi pu être libérés.

Les fermes à thons sont le nouvel eldorado de « l’aquaculture », mais les bancs de jeunes thons rouges sont parfois capturés avec l’aide d’avions, ce qui est interdit, et menace la survie de l’espèce en Méditerranée. Les thons captifs sont engraissés avec des maquereaux norvégiens farcis d’huile, d’antibiotiques et d’anti-stress. L’intégralité de la production part au Japon où elle est vendue à prix d’or.

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